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Lavillenie : "Pas déçu si je ne fais pas six mètres"

En marge d’une remise des prix de l'Académie des Sports ce lundi, le recordman du monde de saut à la perche Renaud Lavillenie s’est livré sur ses objectifs de l’été. Avec un message clair : viser à chaque fois la victoire, quelle que soit la hauteur.

Renaud, vous venez de réaliser 6,05m à Eugene (Etats-Unis). Quels sont vos objectifs pour cette saison ?

Ce que je peux attendre de cet été, c’est une médaille d’or lors des championnats du monde (à Pékin du 22 au 30 août, ndlr), ce que je n’ai pas encore réussi la gagner. Ça reste l’objectif premier de la saison, c’est évident. Mais après l’objectif, comme les saisons précédentes, c’est de sauter le plus haut possible, le plus régulièrement possible de me faire plaisir à chaque compétition. Essayer de tout gagner. L’année dernière, j’ai réussi à faire 21 victoires sur 22 concours. J’étais assez content. Cette année, je suis à 12 sur 13. Si je peux garder le même ratio jusqu’à la fin de saison, ce serait pas mal. L’idée est aussi de pouvoir tout mettre en place pour bien préparer les JO en 2016, qui vont être la compétition la compétition la plus importante à moyen terme.

Viserez-vous les six mètres à chaque sortie ?

En compétition extérieure, c’est toujours le même problème. En salle, on n’a pas besoin de se demander s’il va faire beau. En extérieur, on regarde tout de suite la météo. En fonction de ça, on voit si on peut avancer une certaine hauteur. Je ne peux pas dire que je vais faire six mètres à chaque compétition, parce que s’il pleut, qu’il y a du vent de face ou qu’il fait 15 degrés, ça sera quasiment mission impossible. L’objectif, c’est de m’en rapprocher à chaque fois. J’espère ne pas revivre une saison comme 2014 au niveau météo. C’était vraiment très compliqué. La saison 2015 commence nettement mieux. Il y toutes les raisons d’avoir de bons espoirs.

« Je suis tributaire de quelque chose qui n’est pas maitrisable »

Ce sera donc la gagne plutôt que la performance…

Les conditions ne sont jamais réunies à chaque fois. J’ai réussi à faire plus de six mètres cinq fois cet hiver. Cet été, c’est mieux parti que toutes les années précédentes. Après, je suis tributaire de quelque chose qui n’est pas maitrisable et peut devenir très vite frustrant. Je ne vais pas me dire que je suis déçu si je n’ai pas fait six mètres. L’objectif avant tout est de gagner et d’avoir un pourcentage de victoires le plus élevé possible. De marquer le plus de points possible pour la Ligue de Diamant. Il faut préparer les championnats du monde et, à partir de là, être capable de gagner en toutes circonstances. Sauter plus haut que les autres.

Quelles sont vos sensations avant le meeting de Rome, jeudi ?

Je le sens plutôt bien. Je n’ai aucune raison d’être pessimiste au vu de ce que j’ai fait à Eugene. Il faut voir comment je vais être capable de récupérer. Je ne vais pas mentir en disant que l’objectif, c’est de faire 6,15m là-bas. L’objectif, c’est de prendre les points. Et refaire ne serait-ce que 5,90 ou 95m, ce serait déjà une très bonne performance. Ce n’est jamais gagné d’avance, c’est ce qui est intéressant dans cette discipline.

Propos recueillis par M.R