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Le Mud Day ? "Un mélange de marathon et Disneyland"

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Le Mud Day 2016 s’installe durant quatre jours en région parisienne (précisément les 5, 7 et 8 mai). L’occasion de s’entretenir avec Pascal Quatrehomme, responsable de cette course à obstacles et à succès, sur l’effervescence qui entoure cet événement devenu incontournable dans le calendrier des courses.

Comment expliquez-vous cet essor du Mud Day ?

Aujourd’hui, le running a pris une importance folle. Il y a beaucoup de courses avec de nombreux participants. Avec ASO (Amaury Sport Organisation), on voulait quelque chose de neuf, plus fun donc plus sympa et donc en 2013, on est parti sur le concept du Mud Day. On s’est vraiment inspiré des Américains et de leurs courses originales. On en a d’ailleurs regardé beaucoup puisqu’on voulait faire du sensationnel en proposant une course d’obstacles inédite. C’est un mélange de marathon et Disneyland et ça fonctionne plutôt bien.

Qu’est-ce qui fait la force de cette course ?

Il faut savoir que les investissements pour mettre en place une telle course sont vraiment conséquents. Ce qui plaît, c’est qu’il n’y a pas d’attente lors des inscriptions et pas d’attente pendant la course. Beaucoup de courses « punissent » les coureurs : nous, non, on est basé sur l’écoute et l’entraide.

Quelles sont vos ambitions pour ce cru 2016 qui débuté le mois dernier au Pays d’Aix ?

Tout d’abord, nous avons un objectif de participation. L’année dernière, nous avons eu 80 000 inscrits pour des événements Mud Day. Nous en espérons et en attendons 90 000 pour cette saison 2016. Ensuite, nous avons des ambitions sur les épreuves elles-mêmes. Nous avons créé un Mud Day à Bordeaux. En tout, nous avons huit courses programmées en France avec normalement deux surprises. Je n’en dis pas plus…

Et le Mud Day ne se déroulera pas qu’en France…

Le Mud Day est européen et nous y avons une belle notoriété ! Nous avons intronisé cette course d’obstacles en Espagne, Belgique et en Suisse. Pour 2016, on s’arrêtera là. En Belgique, le nombre de préinscrits était vraiment conséquent alors qu’en Espagne beaucoup moins. Les gens préfèrent le foot !

Le Mud Guy fait étape à Paris ces 5, 7 et 8 mai : que nous réservez-vous ?

Ca promet d’être sympa ! L’ancienne joueuse de tennis, Marion Bartoli, les rugbymen Jérôme Thion et Olivier Magne ou encore la coureuse cycliste Marion Rousse tenteront l’aventure samedi.

Il n’y pas que les grands qui peuvent participer au Mud Day puisqu’il existe également le Mud Day Kids by Fruit Shoot ?

Comme son nom l’indique, c’est une course d’obstacles pour les enfants de 7 à 11 ans. Ils pourront escalader les sept obstacles qui se mettront en travers de leur chemin comme les plus grands. Evidemment, les différents obstacles seront adaptés aux enfants.

Quel est le profil type d’un « Mud Guy », le participant au Mud Day ?

On a recensé 70% d’hommes entre 20 et 35 ans, et parmi eux 60% pratiquent du sport régulièrement. De toute façon, pour participer à un Mud Day, il suffit d’être motivé et d’aimer la boue.

Ne craignez-vous pas qu’un accident grave arrive un jour, avec des profils sous-entraînés ou carrément fêtards ?

Oui, on a toujours une appréhension mais heureusement, il n’y a pas eu de drame. Je touche du bois. On redoute l’accident en permanence, on n’est à l’abri de rien. Après, j’ai déjà vécu des malaises cardiaques sur des courses type marathon. C’est toujours un moment très délicat à gérer.

Comme tout phénomène, appréhendez-vous le jour où le Mud Day perdra de son attrait et de son pouvoir de « séduction » ?

A chaque fin de course, on donne un questionnaire de satisfaction et je peux vous dire qu’on a d’excellents retours. Après c’est comme tout, il y a un moment où l’effervescence va redescendre. On ne peut pas vraiment faire de prévisions. Si ça se trouve, dans trois ans le concept ne marchera plus et vice versa.

Avec ASO, planchez-vous déjà sur d’autres concepts viables ?

Nous avons un gros service de développement chez ASO et nous sommes en perpétuelle réflexion sur des concepts de courses. Par exemple, nous avons récemment créé Run at Work, une course dédiée aux entreprises. Que le Mud Day continue ou pas, la recherche d’idées d’événements ne s’arrête jamais !

B.Duguine