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Mondiaux de Moscou: rien de lesbien dans le baiser de deux athlètes russes

Les athlètes russes (Yulia Gushchina, Tatyana Firova, Kseniya Ryzhova et Antonina Krivoshapka) ont nié avoir voulu s'opposer à la loi sur l'homophobie.

Les athlètes russes (Yulia Gushchina, Tatyana Firova, Kseniya Ryzhova et Antonina Krivoshapka) ont nié avoir voulu s'opposer à la loi sur l'homophobie. - -

Kseniya Ryzhova et Yulia Gushchina ont nié ce mardi que le baiser qu'elles ont échangé sur le podium des Mondiaux d'athlétisme à Moscou avait pour but de s'opposer à une loi russe sur l'homosexualité.

Un simple rétropédalage ou une surinterprétation des médias occidentaux? Les deux athlètes russes qui se sont embrassées samedi sur le podium des Mondiaux d’athlétisme de Moscou ont nié ce mardi avoir agi de la sorte pour protester contre une loi russe sur l’homosexualité.

Selon Kseniya Ryzhova et Yulia Gushchina, victorieuses dans l’épreuve du relais 4x400 mètres dames, ce baiser n'était qu’une manifestation de joie: "Vous ne pouvez pas imaginer ce que signifie pour nous la victoire au bout de huit ans! C'était un déluge d'émotions."

Leur geste ne serait donc pas une façon de protester contre une loi russe réprimant la diffusion aux mineurs d’informations sur l’homosexualité, promulguée en juin.

"Je ne sais pas comment certains en sont arrivés à imaginer ça", s’est insurgée Ryzhova, qui est même allée plus loin, en affirmant que cette interprétation était le fruit d'une "imagination maladive". "Cela n'insulte pas seulement nous, mais aussi nos entraîneurs", a-t-elle poursuivi.

Simplement de "très bonnes amies"

Kseniya Ryzhova a insisté sur le fait qu’elle et Yulia Gushchina ne sont que de "très bonnes amies" et que toutes deux sont respectivement mariées à un homme. "Hier, j'ai reçu vingt appels téléphoniques de différents organes de presse qui, plutôt que de me féliciter, ont préféré m'insulter avec ces questions", a déclaré Ryzhova, citée par l'agence Itar-Tass.

Gushchina a pour sa part affirmé qu’elle n’en "croyait pas ses yeux" quand Ryzhova lui a envoyé un lien contenant la photo et les insinuations des médias: "Tout le monde se félicite sur le podium, je ne sais pas pourquoi l'attention s'est focalisée sur nous, alors qu'à côté de nous les Américaines se sont aussi embrassées."

Un contexte délétère à six mois des JO de Sotchi

La controverse ne semble pas prête de s’achever, à six mois des Jeux olympiques de Sotchi, en Russie. Durant les Mondiaux, la championne du monde russe de saut à la perche, Yelena Isinbayeva, avait déclaré que dans son pays, les gens étaient "normaux" et que par conséquent "des garçons sont avec des filles, et des filles avec des garçons". Isinbayeva avait été obligée de revenir sur ses paroles, après les vives critiques suscitées par ses propos.

L’entraîneur de l’équipe de Russie d’athlétisme, Valentin Maslakov, a affirmé mardi à l’occasion d’une interview donnée au quotidien Sovietsky Sport que la controverse autour des propos d'Isinbayeva était un "délire" occidental. L’Eglise orthodoxe russe a elle aussi pris la défense de la championne, soulignant qu’elle considérait "l'homosexualité comme un péché".

Certains militants d’associations de défense des droits des homosexuels s’inquiètent de ce climat délétère en vue des prochains JO, au même titre que le président américain Barack Obama.

Les personnes qui s’étaient réjouies d’avoir trouvé en Kseniya Ryzhova et Yulia Gushchina des égéries doivent aujourd’hui déchanter. D’autant plus que le comité international olympique ne semble pas très enthousiaste à l’idée de hausser le ton contre l’Etat russe. Les JO de Sotchi débuteront le 7 février prochain.

M.K. avec AFP