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"Mutilations" d'athlètes hyper-androgènes: Maracineanu annonce l'ouverture d'une enquête

En réaction à la lettre ouverte de 25 athlètes français dénonçant les "mutilations" d’athlètes hyper-androgènes, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a confirmé samedi l’ouverture d’une enquête administrative.

Au lendemain de la lettre ouverte publiée vendredi par 25 athlètes français, qui ont dénoncé des "exactions" à l’encontre d’athlètes hyper-androgènes, et ont réclamé des "explications" à la Fédération internationale d’athlétisme, au Comité international olympique, et en France, au ministère des Sports, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a confirmé samedi l’ouverture d’une enquête administrative.

"Ils nous ont envoyé une demande pour ouvrir une enquête. Je leur ai dit hier (vendredi) que nous allions le faire avec Madame Buzyn, ministre de la Santé, pour pouvoir avoir aussi plus d’informations sur ce sujet", a déclaré la ministre au micro de France Info, après avoir publié un tweet en ce sens. L’enquête administrative va être confiée "rapidement" et de manière conjointe à l’Inspection générale des sports (IGS) et à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), a appris l’AFP auprès du ministère des Sports.

"Voir ce qu’il en est et quelle est la responsabilité de ces médecins français"

Les signataires de cette lettre ouverte, parmi lesquels la double championne du monde de taekwondo Gwladys Epangue, le quintuple champion du monde de natation Fabien Gilot et la triple championne du monde de judo Gévrise Emane, s’appuient sur un reportage diffusé par la chaîne allemande ARD, partiellement repris par France 3 fin septembre. Une athlète ougandaise hyperandrogène, Annet Negesa, privée des Jeux olympiques de 2012 pour un taux de testostérone naturel anormal, y dit à ARD avoir subi, sans en avoir été avertie, une opération d’ablation des organes génitaux internes.

"Une partie de ce qui est évoqué dans ce reportage est déjà public puisqu’en 2013-2014 on avait déjà entendu ouvertement dans la presse, dans Libération, La Dépêche, parler de cette étude qui avait été faite à laquelle ont participé des médecins français, a déclaré samedi Roxana Maracineanu. C’est pour ça, puisque moi je n’étais pas là à ce moment-là, qu’il faut aujourd’hui qu’on mette à jour toutes ces données, qu’on puisse ouvrir une enquête pour voir ce qu’il en est et quelle est la responsabilité de ces médecins français dans cette affaire", a-t-elle ajouté.

Un avantage physiologique "injuste" sur les autres athlètes pour l’IAAF

Vendredi soir, l’IAAF avait démenti "fermement", dans un communiqué, être intervenue dans le traitement d’Annet Negasa, et a qualifié de "fausses déclarations" les propos de l’athlète dans le documentaire. Depuis le 8 mai, un règlement de l’IAAF demande à certaines athlètes présentant une différence du développement sexuel (DSD) de suivre un traitement pour faire baisser leur taux de testostérone, afin de pouvoir concourir sur les distances allant du 400m au mile (1.609m). L’IAAF estime que ces athlètes ont un avantage physiologique ‘’injuste’’ sur les autres.

Controversé, ce règlement a été attaqué en justice par la double championne olympique du 800 m Caster Semenya, qui refuse de prendre des médicaments et n’a donc pas pu défendre son titre mondial à Doha fin septembre.

Romain DAVEAU (@daveauromain), avec AFP