RMC Sport

Mondiaux d’athlétisme: la Fédération française sonne l'alarme et menace avant les JO

L’équipe de France d’athlétisme n’a pas franchement brillé lors des Mondiaux à Doha. Dans la chaleur du Qatar, les Bleus ont été très timides et n’ont remporté que deux médailles. De quoi alerter les dirigeants de la fédération à dix mois de Jeux olympiques de Tokyo.

Deux médailles. Une en argent, une en bronze. Le bilan est assez triste pour l’équipe de France. Dans la fournaise de Doha, les Bleus sont passés à côté de leur sujet lors des Mondiaux d’athlétisme 2019. Symbole de l’échec, seuls six d’entre eux ont atteint une finale. Evidemment très insuffisant pour un groupe qui avait des arguments au Qatar.

"Tous nos meilleurs ne sont pas présents, à part Pascal (Martinot-Lagarde) et nos deux lanceurs de marteau. Quand les athlètes sur lesquels on compte ne sont pas là, les autres ne sont pas encore prêts à rentrer dans le top 8, constate amèrement le DTN Patrice Gergès. La grande question, c’est de savoir quelles capacités ont nos meilleurs à pouvoir se transcender? Jimmy Vicaut avait des indicateurs d’entraînement qui lui laissaient supposer qu’il allait être à l’aise sous les 10 secondes. Mais il n’a pas su élever son niveau."

"Si ça se reproduit à Tokyo…"

André Giraud, le président, est lui aussi très déçu. "On a réalisé un championnat très moyen, pour ne pas dire médiocre", souffle-t-il. A dix mois des Jeux olympiques de Tokyo, le visage de l’athlé français interpelle. Forcément. "Je suis inquiet sur la façon dont on a travaillé pour arriver ici. Si on reproduit ça à Tokyo, oui, je serai vraiment inquiet, reconnaît Gergès. Si on reste là, sans bouger, en se disant que ça va aller, on va se prendre le mur! Nous, on va agir. Les athlètes qui étaient présents, soit ils prennent conscience qu’ils ont un vrai travail à faire pour atteindre le très haut niveau et leurs entraîneurs avec eux. Soit ils resteront des bons athlètes qui chercheront simplement à se qualifier."

"Si un athlète ne veut pas entrer dans le projet, on n’est pas obligé de financer"

Le directeur technique national va même plus loin dans sa mise au point. En faisant passer un message très clair à ses protégés. "A un moment donné, un athlète qui ne veut pas entrer dans le projet, il n’est pas obligé d’être sur les listes de haut niveau. S’il ne veut pas entrer dans un cadre qu’on fixe, on n’est pas obligé de financer. Il ne faut pas entrer dans le combat, mais il faut que les gens se rendent compte qu’on ne peut pas tout cautionner."

Un discours ferme appuyé par le président Giraud. Un peu moins vindicatif mais tout aussi mobilisé. "Il va falloir tirer les enseignements de ce qui n’a pas été maîtrisé au cours de ce championnat pour préparer correctement nos athlètes. On va tout mettre en œuvre pour être à la hauteur à Tokyo" promet-il. Il reste dix mois pour y parvenir.

Alexandre Jaquin avec Aurélien Tiercin