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Alonso profite des malheurs de Grosjean

Fernando Alonso

Fernando Alonso - -

Le pilote Ferrari s’est imposé devant son public pour la deuxième fois de la saison lors du Grand Prix d’Europe, à Valence. Parti 11e, l’Espagnol a profité de l’abandon de Romain Grosjean qui occupait la 2e place à 15 tours de l’arrivée.

Alonso le matador
Dans une saison incertaine et spectaculaire, il y a des choses qui ne changent pas. La grinta et le talent de Fernando Alonso (Ferrari) pour tirer le meilleur d’une voiture aux performances modestes, en font partie. Le point rageur, ému aux larmes sur le podium, l’Espagnol s’est imposé pour la deuxième fois devant son public ce dimanche à Valence, après Barcelone en 2006. Surtout que le héros national s’est élancé en 11e position, loin de s’imaginer en train de disputer la victoire. « C’est vraiment difficile d’exprimer ce que je peux ressentir après une telle victoire. Je suis heureux de gagner ici avec Ferrari. Ça a été dur mais je suis vraiment très fier d’être espagnol, surtout après la victoire des footballeurs hier (contre la France). C’est probablement la plus belle des victoires et une des plus belles émotions de ma carrière. »

Lauréat du Grand Prix de Malaisie, Alonso devient le premier pilote de la saison à remporter deux courses en 2012. Et si le Grand Prix d’Europe vient mettre un terme à la magnifique série de vainqueurs différents, elle permet au double champion du monde de reprendre la tête du classement des pilotes. « Il profite de son expérience, analyse Romain Grosjean. On aurait pu faire la revanche France-Espagne mais je suis super heureux pour lui. C’est un champion et je l’admire. »

Grosjean était si proche
Il visait le grand huit. La première victoire de sa carrière pour devenir le 8e pilote à monter sur la première marche du podium cette saison. Mais au jeu des montagnes russes, la machine Grosjean s’est grippée. Sa monoplace, plutôt. Dans le rythme des meilleurs dès le départ après avoir dépassé Pastor Maldonado (Williams) et Lewis Hamilton (McLaren), le pilote Lotus s’est tranquillement installé au 2e rang, bien calé derrière les roues de Vettel (RedBull). Jusqu’à cette casse moteur à moins de 20 tours de l’arrivée et cet alternateur qui lâche. « J’étais à un rien de ma première victoire en F1, je ne peux pas ne pas voir le positif, souffle-t-il. Au pire, je finissais 2e pour la seconde fois en deux Grands Prix, ça aurait été magnifique. »

Le Français n’a jamais été aussi proche de faire retentir la Marseillaise. « Il y a un autre Grand Prix dans deux semaines (Grande-Bretagne) et on va travailler pour revenir plus fort », termine le natif de Genève. Si l’échéance se rapproche à grands pas, Romain Grosjean ne pourra s’empêcher d’avoir quelques regrets après ce week-end ibérique rondement mené, mais qui se conclut avec zéro point au compteur. « Il prouve qu’il s’améliore, indique le team manager de Lotus, Eric Boullier. Il fait une bonne qualif’ (4e) et une très bonne course. On ne peut rien lui reprocher. On a juste à se dire : ‘‘c’est pour quand ?’’ Il a le talent, il apprend et notre champion français, on le tient. »

Vettel le malheureux
Au Canada, il avait dû rendre les armes à cause de pneus défaillants dans les derniers tours. Ce dimanche, quand Sebastian Vettel (Red Bull) s’est envolé sur l’asphalte de Valence et a possédé 20 secondes d’avance sur Romain Grosjean, personne ne le voyait perdre. C’était sans compter sur le problème de fiabilité du moteur Renault de la Red Bull. Comme le Français trois tours après lui, Sebastian Vettel a été vaincu par l’alternateur de sa monoplace. Désormais à 26 points de la tête du championnat du monde, l’Allemand doit se remettre en selle dès le prochain Grand Prix à Silverstone.

Nicolas Paolorsi avec Antoine Arlot