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Bahreïn : un flop qui arrange tout le monde

GP du Bahrein

GP du Bahrein - -

Après des mois d’attente, le Grand Prix du Barheïn a finalement été annulé, tout juste une semaine après avoir été réintégré au calendrier de la saison 2011… Retour sur une drôle d’histoire où les instances dirigeantes n’ont pas vraiment joué franc-jeu.

C’est un serpent de mer qui s’est perdu dans les eaux du Golfe persique. Le Grand Prix de Bahreïn, programmé le 13 mars, reporté en raison des troubles politiques, réintégré le 30 octobre, a… finalement été retiré de l’édition 2011. En fait, dans cette histoire, les instances dirigeantes de la Formule 1 n’ont pas fait beaucoup pour qu’il en soit autrement. Il aura fallu les protestations des écuries et des pilotes pour que l’espoir de revoir une course sur le circuit de Sakhir cette saison ne tombe comme un fruit mûr.

Le soulèvement populaire contre la mainmise de la famille royale d'Al Khalifa, du 14 février au 17 mars, avait logiquement rendu impossible la tenue du Grand Prix inaugural de la saison de F1. Le Bahreïn International Circuit et son président Zayed R Alzayani avaient demandé à ce que la réintégration de l’épreuve soit étudiée à une date ultérieure. Prévue en mai, la décision a été repoussé jusqu’au Conseil mondial de la FIA, tenu le 3 juin à Barcelone. S’appuyant sur une enquête interne menée par un de ses vice-présidents, Carlos Garcia, l’instance dirigeante décidait de reprogrammer Bahreïn le 30 octobre à la place du Grand Prix d’Inde, renvoyé en décembre.

Webber a menacé de ne pas courir

La nouvelle a fait bondir la FOTA, l’Association des équipes. Dès le 22 mai, ayant eu vent du projet, les constructeurs, réunis en marge du Grand Prix d’Espagne, s’opposaient à l’unanimité à la réintégration du Grand Prix du Bahreïn. Principale raison avancée : la difficulté logistique d’organiser en cours de saison une modification de calendrier aussi importante. Par ailleurs, avec le nouveau calendrier, la saison se terminerait le 11 décembre, soit quinze jours plus tard que prévus. Nouveau casus belli. Une pétition en ligne des défenseurs des droits de l’homme a fait le reste. Mark Webber (Red Bull) menaçait de ne pas disputer la course. Par courrier, la FOTA demandait aux instances de revenir sur sa décision.

Jean Todt, le président de la FIA, renvoya la balle au grand argentier de la F1, Bernie Ecclestone, détenteur des droits commerciaux. Le patron de Formula One Management fit marche arrière, ayant beau jeu de dire que « rien ne pouvait se faire sans l’accord de toutes les parties. ». Contrairement à ce qu’il a pu laisser entendre, le Britannique n’était pas très enthousiaste à l’idée de voir Bahreïn réinstauré au calendrier, voulant avant tout ne pas paraitre pour celui qui allait tirer le rideau au nez et à la barbe d’un puissant client. La FIA était d’ailleurs un peu dans la même situation. Ce sont donc les équipes qui ont joué ce rôle d’empêcheur de rouler à Bahreïn. Le petit manège d'Ecclestone, de la FIA et des écuries a été gagnant. L’annulation du Grand Prix arrange tout le monde. Ce week-end au Canada, il n’y a bien que le soulagement qui fait l’unanimité.

Louis Chenaille (avec A.A.)