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Briatore remis en piste

La suspension illimitée de l'ancien patron de Renault F1 a été annulée mardi par le TGI de Paris.

La suspension illimitée de l'ancien patron de Renault F1 a été annulée mardi par le TGI de Paris. - -

L’ancien patron de Renault F1 a bénéficié d’un vide juridique pour faire annuler par le Tribunal de Grande Instance de Paris l’exclusion illimitée prononcée par la FIA en septembre.

La F1 n’en a peut-être pas terminé avec Flavio Briatore. Exclu en septembre pour une durée indéterminée, l’ex-directeur de l’écurie Renault a obtenu gain de cause mardi devant le tribunal de grande instance de Paris. Ce dernier a jugé « irrégulière » la décision de la Fédération internationale (FIA) dans l’affaire du Crashgate. Elle enjoint ainsi la FIA à « notifier à ses membres et licenciés le retrait de ces dispositions » dans les quinze jours, sous peine de régler 10 000 euros d’astreinte par jour de retard. Briatore, qui réclamait un million d’euros de dommages et intérêts ne recevra « que » 15 000 euros mais cette victoire judiciaire suffit à son bonheur.

« Je ne l’ai pas eu personnellement au téléphone mais ses assistants m’ont dit qu’il avait sauté de joie, a déclaré à RMC Sport son avocat Philippe Ouakrat. Je n’ai pas encore vu dans le détail ce qui a motivé la décision mais je ne suis pas pressé de faire de l’analyse juridique. Du côté de Flavio Briatore et Pat Symonds, on en est plus à savourer et à boire du champagne que faire du droit. » La décision du TGI a effectivement fait un autre heureux : l'ancien directeur technique Pat Symonds, initialement suspendu cinq ans.

Réhabilité… sur la forme

Les deux hommes avaient été jugés coupables d’avoir organisé l’accident volontaire de Nelson Piquet Jr lors du Grand Prix de Singapour 2008. Le crash avait provoqué l’intervention de la voiture de sécurité, aidant à la victoire de son coéquipier espagnol Fernando Alonzo. Des faits pour lesquels le tribunal s’est déclaré incompétent. En revanche, les magistrats parisiens ont estimé que le Conseil Mondial du Sport Automobile avait « infligé, fût-ce indirectement, une sanction à deux personnes sur lesquelles il n'avait pas autorité », Symonds et Briatore étant des « tiers » et non des « membres » de la FIA. Un fait dont la FIA était consciente mais qu’elle a tenté de contourner en interdisant à l’ensemble des écuries de travailler avec Briatore. Ce qui s’assimile à une sanction directe - et donc illégale - de l’Italien.

Réhabilité uniquement sur la forme, Briatore peut-il rêver d’une seconde chance en F1 ? « Il avait accepté la responsabilité morale d’une faute pour sauver une écurie des gémonies de la Fédération internationale et il acceptait très mal cette sanction scandaleuse, explique Philippe Ouakrat. Aujourd’hui, toutes les portes lui sont ouvertes. C’est un homme libre et je ne vois pas ce qui pourrait l’empêcher de revenir. » Il devra toutefois patienter, la FIA ayant un mois pour faire appel dans une affaire qui n’en est pas encore à son dénouement.

La rédaction - Sylvain Coullon (avec CZ)