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Corée du Sud - Un Grand Prix sans glamour

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Avec son port et ses immenses chantiers navals, Mokpo n’a rien d’une destination touristique. C’est pourtant ici que va se dérouler le GP de Corée du Sud ce week-end. Un endroit sans charme, que les pilotes ont déjà hâte de quitter.

Des centaines de bateaux s’entassent au milieu du port. Face à la mer jaune et ses nombreuses îles, les cargos et les pétroliers se croisent dans les immenses chantiers navals de Hyundai, qui font partie des plus grands du monde. A quelques kilomètres, une colline surplombe cet impressionnant barnum de fer et d’acier. C’est ici, au Hyundai Hôtel, que les pilotes de Formule 1 ont élu domicile ce week-end. Au cœur de Mokpo, une ville portuaire située à la pointe de la péninsule coréenne. A 400km au sud de Séoul. De leur balcon, les as du volant peuvent apercevoir le circuit international de Corée. L’unique centre d’intérêt de la région.

A part le Grand Prix de F1, prévu dimanche, la vie est plutôt monotone dans le district de Yeongam. A des années-lumière de Singapour, Monaco ou Abu Dhabi. « On est dans un hôtel, où on voit la montagne et un bout de mer rempli de cargos, résume Jean-Eric Vergne, le Français de Toro-Rosso. Le circuit est au milieu de nulle part. Pour vous parler de la région, c’est un peu compliqué ! » Afin de combattre l’ennui, les stars du paddock, toutes logées dans le même établissement - faute de choix, vont organiser leur traditionnel dîner annuel du GPDA (l’association des pilotes). Histoire de tuer le temps. Et de retrouver le sourire après 25 heures de voyage éreintantes.

Grosjean « Des antidépresseurs et beaucoup d'alcool »

« Il faut des antidépresseurs et beaucoup d’alcool pour tenir ici, plaisante Romain Grosjean, le pilote Lotus. L’endroit n’est pas forcément très glamour. C’est très loin de Séoul. Après le voyage pour arriver ici, on n’a pas forcément le moral au plus haut. On est tous venus pour donner le meilleur de nous-mêmes et faire un beau Grand Prix. Mais c’est vrai qu’on ne sera pas mécontents de repartir... »

Les journalistes non plus. La plupart sont logés dans des « love motel », lieux où les couples se retrouvent habituellement pour partager des moments intimes hors de la maison familiale. Pour l’occasion, ces petits établissements ont été légèrement modifiés. Un traducteur est présent sur place 24/24h et les distributeurs de préservatifs ont été cachés. C’est dans ces conditions particulières que les essais libres vont débuter la nuit prochaine (heure française). Avec l’envie d’en finir au plus vite. Et de laisser les cargos et les pétroliers de Mokpo à leurs balais incessants…

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Alexandre Jaquin avec Antoine Arlot et à Mokpo