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F1 : Grosjean à quitte ou double

Romain Grosjean

Romain Grosjean - -

LA F1 EN BLEU-BLANC-ROUGE. Avant le Grand Prix d’Australie dimanche, RMC Sport monte dans les tours avec les quatre Français engagés cette saison en F1. Troisième volet avec Romain Grosjean, sous pression après ses erreurs à répétition.

« Comment je suis ? Content et soulagé ». Romain Grosjean à la mi-février, à l’antenne du Tony Parker Show sur RMC. L’intéressé revenait alors sur sa prolongation de contrat chez Lotus, qui avait particulièrement traîné en longueur. « Ça n’a pas été des semaines très faciles, se souvient le Français. C’était stressant, les nuits n’étaient pas douces, j’ai appris ça le 14 décembre. » Si Lotus a mis le temps, c’est en raison du bilan 2012 très mitigé de Grosjean. Pourtant très bon sur la première partie de saison, avec trois podiums à la clé (3e à Bahreïn et en Hongrie, 2e au Canada), le pilote bascule dans une spirale négative, au cours de laquelle il enchaîne les fautes. « Les deux dernières courses de la saison n’ont pas aidé les négociations, poursuit le natif de Genève. Je fais deux erreurs qui sont 100 % de ma faute. »

Conséquence, le Français a bien failli perdre son volant. Les actionnaires de l’équipe se sont longuement interrogés à son sujet. Et c’est au final le patron de l’écurie Lotus Renault, Eric Boullier, qui a eu le dernier mot. Celui qui voit en Grosjean un champion du monde en puissance, soutenu également par Total, le partenaire du pilote, a poussé très fort. Et a fini par obtenir gain de cause. Cette saison, Romain Grosjean sera bien au volant de la Lotus E21 à moteur Renault. Mais pas sans conditions. « Il y aura une pression qui sera différente, explique-t-il. Je sais que ce que j’ai à faire pour rester et pour qu’on arrive à notre but commun : devenir champion du monde. On m’a fixé des objectifs : ne pas répéter les erreurs que j’ai pu faire en 2012. » Grosjean est averti et n’aura plus beaucoup de jokers. Alors pour éviter toute migraine, il a dû notamment travailler un mental jugé instable et défaillant.

Boullier : « Un Grosjean posé, calme et serein »

« Il y a un travail qui est en cours depuis le mois de septembre, poursuit-il. C’est un travail psychologique avec quelqu’un qui a l’habitude de travailler avec des sportifs de haut niveau. Ça se passe plutôt bien. C’est un travail que j’avais envie de faire, dont j’avais besoin et qui, j’espère, me rendra meilleur. » Grosjean n’a pas lésiné sur les moyens pour changer d’attitude. Et le faire savoir. Il s’est impliqué dans l’élaboration de l’E21, compte vivre une partie de la semaine en Angleterre et se pliera aux exigences d’Eric Boullier, qui ne souhaite plus que les à-côtés de la F1 (rendez-vous médiatiques ou promotionnels avec les sponsors) ne le polluent autant. Effets déjà visibles pour le patron de Lotus. « Il s’est ressourcé après une longue saison difficile. Il a aussi analysé ses points forts et ses points faibles. Le Romain Grosjean que j’ai vu cet hiver aux essais est bien posé, calme et serein. »

Tant mieux, parce que de Charles Pic, Jean-Eric Vergne et Jules Bianchi, c’est lui qui entretient le plus d’espoirs de faire flotter fièrement sur les Grands Prix le drapeau tricolore. « C’est la seule chance française, martèle Jacques Villeneuve, le champion du monde 1997. Il est dans une voiture incroyable. Le problème, c’est qu’il n’apprend pas de ses erreurs. L’année dernière, il a fait beaucoup de bêtises et c’est à peine s’il s’en est rendu compte. C’est dommage, parce qu’il est super rapide. J’espère qu’il aura pris le temps de s’améliorer à ce niveau-là. J’ai l’impression de retrouver un Sato. Quelqu’un de très rapide mais qui aura fait, course après course, les mêmes erreurs sans les comprendre. » A Grosjean de viser plus haut.

A.D. avec A.A.