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F1: "Je ne pars pas à la retraite", assure Hülkenberg

Remplacé par Esteban Ocon chez Renault, Nico Hülkenberg se retrouve sans volant pour la saison 2020 de Formule 1. À 32 ans, le pilote allemand assure à RMC Sport qu'il ne compte pas mettre un terme à sa carrière dans la discipline reine du sport automobile. Il compte bien revenir dans le paddock en 2021.

Actuellement douzième au championnat du monde, avec 37 points, Nico Hülkenberg ne sera pas sur la grille de la saison 2020 de Formule 1. Mis sur la touche par Renault, qui a enrôlé le Français Esteban Ocon pour accompagner Daniel Ricciardo, le pilote de 32 ans a vu lui échapper une dernière opportunité d'obtenir un volant. Alfa Romeo, où son nom circulait, a finalement prolongé Antonio Giovinazzi. Le deuxième baquet de Williams n'a pas encore été officialisé, mais celui-ci reviendra sans doute au Canadien Nicholas Latifi. À l'occasion du Grand Prix du Brésil, l'avant-dernier de l'année, dont le départ de la course sera donné dimanche à 18h10, l'Allemand s'est confié à RMC Sport.

Nico Hülkenberg, nous sommes au Brésil, sur les terres de votre plus grand exploit en Formule 1. Vous aviez réalisé la pole position en 2010. Quels souvenirs gardez-vous de ce moment particulier?

Bien sûr, le Grand Prix du Brésil occupe une place particulière dans ma carrière de pilote de Formule 1. Pour la pole position, comme vous l’avez mentionné, mais pas seulement. J’avais mené la course en 2012 pendant 40 tours, si mes souvenirs sont bons. C’était spécial, forcément, et je pense que c’est un des moments où j’ai le mieux conduit. C’est vrai que ça s’est mal terminé, puisque nous nous sommes accrochés avec Lewis Hamilton. Mais c’est vrai que j’ai toujours été performant ici. J’aime beaucoup l’endroit. C’est une des meilleurs weekends de l’année.

Il reste encore deux courses à disputer cette saison. Vous ne serez pas en Formule 1 l’année prochaine, puisque Renault a décidé de vous remplacer par Esteban Ocon. Quel est votre état d’esprit? Allez-vous prendre votre retraite?

Je n’ai pas de volant pour 2020. Je ne serai pas sur la grille. Mais je ne prends pas retraite, que ce soit en Formule 1 ou plus généralement dans le sport automobile. Si plusieurs opportunités s’offrent à moi, j’y réfléchirai. Mais ce qui est clair, c’est que je n’ai pas du tout envie de m’arrêter. Et je serai prêt, si jamais une écurie décide de faire appel à moi.

Pour revenir en 2021, ce qui semble être votre objectif?

Ça l’est.

Quelle est la meilleure stratégie pour y parvenir? Prendre part à un autre championnat en 2020 ou ne pas courir comme a pu le faire Esteban Ocon cette année?

Cela dépend. Si vous pouvez courir, peut-être qu’il faut privilégier la compétition. Mais il n’y a pas de marche à suivre, de guide. Les performances des pilotes, les choix des différentes écuries, ou encore la politique, sont autant de facteurs déterminants. Et je ne les contrôle pas. Je dois juste attendre de voir comment les choses évoluent. J’ai passé 10 ans en Formule 1, j’ai un peu d’expérience maintenant. Finalement, je suis heureux aussi de pouvoir relâcher un peu la pression et profiter de moments plus calmes.

L’IndyCar pourrait-elle être une option?

Je ne suis pas un grand fan des courses sur ovales. C’est trop dangereux pour moi. Cela pourrait être une possibilité. Mais pour être très honnête, j’ai envie de finir la saison sur une bonne note avec Renault. Me reposer. Rétrograder de deux vitesses pour en passer trois d’un coup un peu plus tard.

Vous avez tout gagné en monoplace (cinq championnats) avant d’arriver en Formule 1. Mais la dernière marche semble avoir été un peu trop haute. Arrivez-vous à l’expliquer?

La Formule 1 est différente de toutes les autres catégories. Ce n’est pas un face-à-face entre deux hommes, comme au tennis, à l’issue duquel le meilleur des deux l’emporte. Nous sommes dépendants des monoplaces que nous conduisons. Ce n’est pas un secret: si vous n’avez pas la meilleure voiture, c’est très compliqué de gagner. Je n’ai jamais eu la chance de rejoindre une écurie de premier plan. Mais bon, j’ai fait dix ans dans la discipline reine du sport automobile. J’ai apprécié tous ces moments.

Sur certaines courses, vous auriez dû faire mieux: Bakou en 2017, en Allemagne cette année. Vous avez manqué plusieurs occasions de monter sur le podium.

J’aurais pu et dû faire moins d’erreurs. C’est vrai. Peut-être que lorsque j’ai changé d’écurie à un moment, je me suis trompé. Ce n’était pas la décision idoine. C’est vrai que c’est facile de juger après. Sur le moment présent, vous pensez que c’est le bon choix et finalement, ça ne l’est pas forcément. Demandez à Fernando Alonso, il pourrait chanter une chanson à ce sujet.

Comme lui, vous avez été à deux doigts de rejoindre Ferrari...

C’est vrai qu’en 2013, c’était très sérieux. Cela ne s’est pas joué à grand-chose. Mais Räikkönen a décidé de revenir en Formule 1 et a commencé une seconde histoire avec eux. C’est sûr que ma carrière aurait été différente. Mais c’est comme ça.

Alfa Romeo était une option pour 2020. Mais encore une fois, vous avez été devancé. La malchance?

La Formule 1 est une histoire de timing. Certains éléments ont joué en ma défaveur (Antonio Giovinazzi est soutenu par la Ferrari Driver Academy, la filière de jeunes pilotes de l'écurie italienne, ndlr). Je suis un peu triste. C’est comme ça, c’est la vie. Je vais ouvrir un nouveau chapitre de ma vie. Je l’accepte et suis très excité de savoir ce que le futur me réserve.

Lucas Vinois