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F1-Lotus : Grosjean, le patient français

Romain Grosjean en discussion à Melbourne avec un ingénieur Pirelli

Romain Grosjean en discussion à Melbourne avec un ingénieur Pirelli - -

Fragilisé après Melbourne, Romain Grosjean a su rebondir le week-end dernier en Malaisie, terminant (6e) devant son coéquipier Kimi Räikkönen. Les ingénieurs de chez Lotus ont su trouver les bons mots.

« Ils sont venus me parler après les essais libres où c’était un peu compliqué, quand je suis en confiance dans la voiture ça se voit, et je ne l’étais pas forcément en Australie. » L’aveu est de Romain Grosjean, visiblement rasséréné après sa belle course dimanche sur le circuit de Sepang. Le Français termine 6e, dans les roues de la Ferrari de Felipe Massa, mais surtout devant l’autre pilote de la marque au Losange, Kimi Räikkönen, vainqueur une semaine plus tôt à Melbourne. Un soulagement pour Grosjean qui avait mal vécu sa 10e place sur le circuit d’Albert Park alors que le Finlandais obtenait une victoire magistrale au nez et à la barbe des Red Bull et des Ferrari.

Le Français avait publiquement déploré l’état de sa monoplace, promettant de clarifier les choses avec son team. Appliqué à ne pas reproduire les erreurs de la fin de saison dernière, le pilote, timide sur les premiers tours de piste, était reparti d’Australie amer. Il est arrivé en Malaisie en plein doute, fragilisé un peu plus par des essais en demi-teinte. Vendredi, après les essais libres 2, les ingénieurs de l’équipe sont venus le voir. Thérapie. Enl’absence de son ingénieur d’exploitation attitré, Ayao Komatsu, ils ont su trouver les bons mots pour permettre à leur poulain de retrouver sa quiétude, et sa… fameuse vitesse de pointe. Ils lui ont notamment dit de ne pas se focaliser sur la voiture, passée au peigne fin après Melbourne. « Il n’a pas eu un week-end end facile après l’Australie, explique Eric Boullier, team principal de Lotus, c’était notre travail de le soutenir, il ne fallait pas laisser la spirale s'installer. »

De nouveaux développements pour le GP de Chine

L’opération "Sauvez le soldat Grosjean" a vite porté ses fruits. Le Français a su faire fi de l’erreur de son équipe pendant les qualifications. Gardé trop longtemps au garage, alors que la pluie s’était mise à tomber, le pilote n’a pu signer que le 11e chrono… Parti de la sixième ligne, juste derrière Räikkönen (10e après avoir été pénalisé de trois places), Grosjean a mené une course solide, remontant cinq places avec les moyens du bord, à savoir des pneus tendres chaussés après le deuxième relais qui ne lui ont pas permis de reprendre Massa. « Je me sentais plutôt bien, la voiture est revenue comme je l’aime », déclarera-t-il quand même après la course.

Doté d’un nouveau pack aéro, Räikkönen finira cette fois juste derrière son coéquipier. « Il a joué à égalité avec lui », juge Patrick Tambay, membre de la Dream Team RMC Sport. Dans trois semaines en Chine, l’E21 de Grosjean bénéficiera des mêmes améliorations. De quoi donner plus d’ambitions à Lotus. « On a deux pilotes solides, se félicite Boullier, ce sera important que chacun fasse de très beaux weekends et marque un maximum de points. »

Louis Chenaille (avec A.A. à Sepang)