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GP de Bahreïn: le bizutage catastrophique de Mazepin, sorti au deuxième virage

Nikita Mazepin a vécu un week-end particulièrement compliqué pour ses grands débuts en Formule 1. Après plusieurs erreurs en qualifications, le pilote d’Uralkali Haas F1 Team est sorti de la piste dès le premier tour du Grand Prix de Bahreïn. De quoi ternir un peu plus la réputation dans le paddock du Russe de 22 ans.

Il n’a même pas bouclé un tour. Pour le premier Grand Prix de sa carrière en Formule 1, Nikita Mazepin a dû abandonner quelques instants après le départ, ce dimanche à Bahreïn. Alors qu’il se trouvait en queue de peloton, le nouveau pilote d’Uralkali Haas F1 Team, parti en 19e position, s’est rendu coupable d’une erreur assez grossière au deuxième virage. Résultat: sa monoplace a terminé sa course dans un mur. Et le pilote de 22 ans a quitté le circuit de Sakhir la tête basse. De quoi conclure un week-end de baptême assez cauchemardesque.

La veille déjà, lors des qualifications, Mazepin s’était fait remarquer en réalisant deux tête-à-queue, a priori dus au système de freins électroniques installés à l’arrière de sa voiture. Le Russe a également fait parler de lui en doublant Sebastian Vettel, Sergio Perez et Valtteri Bottas alors qu’ils faisaient la queue pour entamer leurs derniers tours en Q1.

"J’ai pour instruction de faire ce qu’on me dit"

Les pilotes ont un accord tacite pour ne pas se dépasser avant d’entamer un tour de qualification. Une règle dont n’a pas tenu compte Mazepin. Face à la polémique, le natif de Moscou a assuré avoir agi sur consigne de son écurie. Pour ne pas se retrouver hors délai. "Nous avons une communication radio et j’ai pour instruction de faire ce qu’on me dit. J’ai franchi la ligne de départ-arrivée alors qu’il me restait deux secondes, sinon j’aurais eu un drapeau rouge. Il n’y avait pas le temps d’attendre", a-t-il expliqué.

Reste que ces débuts en F1 ne manqueront pas de faire jaser dans les prochains jours. Et ils ne risquent pas d’améliorer la réputation de Mazepin dans le paddock. Après sa nomination début décembre (aux côtés de Mick Schumacher), le successeur de Romain Grosjean et Kevin Magnussen a fait parler de lui pour avoir touché la poitrine d’une femme à l’arrière d’une voiture, visiblement sans son consentement. Après la diffusion d’une vidéo de l’incident sur les réseaux sociaux, une pétition a été mise en ligne pour réclamer le retrait de son volant. Face au tollé, Mazepin a été obligé de s’excuser. Et l’écurie américaine a décidé de le conserver.

Le fils du nouveau sponsor principal

Il faut dire que Nikita Mazepin n’est pas un simple pilote. C’est également le fils de Dmitry Mazepin. L’oligarque russe est à la tête d’Uralkali, le leader mondial de l’engrais potasse, qui n’est autre que le nouveau sponsor de Haas F1 Team, en proie à d’importants soucis financiers. Difficile d’écarter le fils du principal partenaire, dont le nom a été intégré cette saison à celui de l’écurie. Au point que les monoplaces soient repeintes en blanc-bleu-rouge, aux couleurs de la Russie.

Alors tant pis si Nikita Mazepin n’est pas du tout apprécié par ses pairs et s'il collectionne déjà les surnoms peu flatteurs, comme MazeSpin (pour Spin qui signifie tête à queue en anglais) . Et qu’il traîne derrière lui un CV peu reluisant, sans grande victoire à son actif. Connu pour son arrogance et ses provocations dans les catégories inférieures, le cinquième du dernier championnat de F2 n’avait pas hésité à frapper un adversaire qui l’avait ralenti il y a quelques années (Calum Ilott). Il s'est également signalé en "likant" un commentaire raciste visant le Japonais Yuki Tsunoda et en laissant entendre que le Britannique George Russell était homosexuel, alors que ce dernier n’a jamais abordé ce sujet.

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Journaliste RMC Sport