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GP de Chine : Les pit-stop en excès de vitesse

Felipe Massa au stand

Felipe Massa au stand - -

Les arrêts au stand des pilotes de Formule 1 sont de plus en rapides. Preuve en est avec ce nouveau record établi par Red Bull en Malaisie en… 2’’05 ! Les pit-stop deviennent un véritable tournant dans une course, à tel point que les écuries s’y préparent avec minutie. Reportage.

Ils ne représentent que quelques secondes d’un Grand Prix, mais peuvent ruiner le travail de toute une semaine. Les arrêts au stand sont plus que jamais une possibilité de dépassement pour les écuries, à condition qu’ils soient réalisés en un temps record. Une mission remplie avec brio par Red Bull lors du Grand Prix de Malaisie avec un arrêt de Mark Webber en 2’’05 ! Un exploit possible grâce à un travail de longue durée puisque les mécaniciens travaillent rigoureusement ce bref passage de course en amont des GP. « Nous essayons d’élaborer un programme d’entraînement, un peu comme le fait une équipe de football, explique Jonathan Weathtley, ingénieur de piste chez Red Bull. Ce programme commence dès lors qu’ils reviennent après Noël. »

Et si les champions du monde constructeurs sont devenus les sprinters de la pit-lane, d’autres écuries comme Lotus (« mauvais élève » en la matière) travaillent également dans l’ombre. « Les mécaniciens s’entraînent, confie Romain Grosjean. On essaye de créer des entraînements à l’usine, plus des entraînements peut-être un peu plus physiques à côté pour qu’ils soient en forme. »

Ferrari en moins de 2 secondes !

Rien n’est donc laissé au hasard, d’autant que les mécaniciens n’ont plus à remettre de carburant dans les monoplaces. Mais selon Charles Pic, les 2 ou 3 secondes d’arrêt peuvent tout de même être fatales. « Si tu fais tout parfaitement, cela te fait gagner un peu de temps, remarque le pilote Caterham. Mais si tu te loupes, cela t’en fait perdre beaucoup. » Ancien spécialiste des arrêts longue durée chez McLaren, Lewis Hamilton ne contredira pas le pilote français…

Et pour éviter ce scénario catastrophe, les écuries tendent vers la perfection, comme le souligne Ole Schack, responsable des mécaniciens de Red Bull : « Je ne pense pas qu’il soit possible un jour d’atteindre un temps d’une seconde, mais on approche de la perfection pour ce qui est de la rapidité à changer les quatre roues d’une voiture ». La perfection du chrono peut toutefois entraîner des accidents de parcours que Michael Schumacher ou Juan-Pablo Montoya ont connus par le passé en renversant un de leur mécanicien. Mais entre record et sécurité, Romain Grosjean, lui, a fait son choix : « Je préfère assurer un peu le coups et freiner 5 mètres plus tôt, plutôt que de freiner et me dire « Est-ce que ça va le faire ? ». Pas de quoi freiner les ardeurs de Ferrari, qui aurait déjà réussi à descendre sous la barre des 2 secondes au stand lors d’une simulation. Ne reste plus qu’à le réaliser en course…

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Eric Bethsy avec Antoine Arlot à Shanghai