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GP de Monaco : de l’art de (bien) se qualifier

Jean-Eric Vergne sur la piste de Monaco

Jean-Eric Vergne sur la piste de Monaco - -

Avec les essais qualificatifs ce samedi (14h), le Grand Prix de Monaco vivra son premier temps fort. Un rendez-vous primordial pour les pilotes de F1, afin de démarrer plus sereinement le lendemain sur un circuit aussi mythique que périlleux.

Tortueux, le circuit de Monaco ne laisse que peu de place à l’improvisation des pilotes. Et tous le savent parfaitement, avant les essais qualificatifs ce samedi puis la course dimanche (14h). « On sait qu’ici, il est pratiquement impossible de doubler, admet Romain Grosjean (Lotus). La qualification sera le moment crucial. Si on est en pole position ou devant, on peut se permettre de dicter un rythme ». Une crainte partagée par Jean-Eric Vergne (Toro Rosso) : « Si, pour quelque raison que ce soit, qualifications, arrêt au stand ou peu importe, on se retrouve derrière un pilote, c’est extrêmement difficile de doubler ».

La sinuosité de la piste inquiète aussi. « On ne peut pas aller chercher les limites comme sur les autres circuits, explique Charles Pic (Caterham). A Monaco, si on fait une petite erreur, on abîme la voiture, et à 95% du temps, on ne peut pas continuer la séance ». « Ici, si on sort un peu, on tape le rail, s’inquiète Jules Bianchi (Marussia). Ce qui est vraiment difficile, c’est d’aller vite tout en maîtrisant la voiture à la perfection ». Une raison de plus de réussir les qualifications, afin de débuter la course sereinement.

Panis : « L’un des circuits les plus difficiles mentalement »

Des contraintes qui demandent une concentration de chaque instant, ainsi qu’un esprit stratégique permanent. Autre piège, celui de la vitesse : 160 km/h de moyenne, 280 km/h au maximum. « C’est long, souffle Grosjean. La qualification est plus intéressante que la course. Pour la course, il faut rester concentré, ce qui est plus dur ». Un défi monstrueux selon Olivier Panis, dernier Français à avoir remporté le GP de Monaco, en 1996 : « C’est l’un des circuits les plus difficiles mentalement, la moindre petite erreur peut être fatale ».

Depuis 10 ans, seuls deux pilotes ont remporté ce GP sans avoir bénéficié de la pole position (Montoya en 2003 et Hamilton en 2008). Des statistiques qui ne doivent pas devenir une généralité, selon Panis. « Les qualifications, c’est capital, mais quand j’ai gagné, je suis parti 14e sur la grille… », se souvient-il. « Tout le monde s’attend à une course très limpide, ajoute Alain Prost, quadruple champion du monde. Et au fait que celui qui partira de la pole position gagnera. Je ne pense pas que ce soit aussi clair que ça, dimanche. Même si c’est important, ce n’est pas toujours celui qui a la pole qui gagne. Et tant mieux. »

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Mathilde Effosse, avec Antoine Arlot