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Grosjean : "L'accident ? On sait que ça fait partie du jeu, mais on aime ça..."

Romain Grosjean

Romain Grosjean - AFP

Quatre jours après le grave accident de Jules Bianchi à Suzuka, Romain Grosjean s’exprime depuis Sotchi, où se tiendra le Grand Prix de Russie ce dimanche. Pour le Français, malgré toutes les mesures de sécurité mises en place, les pilotes sont conscients qu’il est impossible d’éviter ce genre de drames

Romain, êtes-vous favorable à l’instauration des cockpits fermés sur les monoplaces ?

Il y a du pour et du contre. En tant que pilote de F1, je préfère le cockpit ouvert. Les sensations sont celles qu’on aime. Sur certains points, le cockpit fermé serait plus sûr que sur d’autres, mais depuis le karting on a la tête à l’air et on aime ça. Sur un accident comme on a vu dimanche, je ne suis pas sûr que cela aurait changé grand-chose vu l’impact et la force.

Une enquête est actuellement en cours à propos de cet accident. Vous semble-telle nécessaire ?

Je pense qu’on peut toujours apprendre de toutes les situations et je suis sûr que, rétrospectivement, on arrivera à tous s’améliorer dans ce genre de conditions.

Avec le recul, qu’aurait-il fallu faire ?

Avoir plus de chance et que la voiture tourne dans les graviers. Je ne sais pas, je ne veux pas rentrer dans ce débat. Ce que je peux dire, c’est qu’il aurait fallu que le destin fasse en sorte que la voiture tape deux mètres à droite. Mais ça, on ne peut pas le contrôler…

Avez-vous le sentiment que les pilotes ont un peu oublié la dangerosité de leur sport ?

Non, je ne pense pas parce qu’on a eu des rappels. En 2009, Felipe (Massa) a eu très, très chaud. En 2012, lors du départ à Spa, je ne suis pas passé loin de la tête d’Alonso et ça m’avait relativement marqué. On sait que quand on roule à 300 ou 330km/h les uns à côté des autres, si les choses se passent mal, ça peut se passer très, très mal. On en a parlé avant Suzuka. On ne l’a pas oublié, c’est toujours là. (…) On sait que ça fait partie du jeu, mais on aime ça.

Quel a été le pire moment depuis l’accident de Jules Bianchi ?

Le pire, c’était les trois jours à l’hôtel à Sotchi. Maintenant on retrouve le paddock, on va retrouver les voitures, une occupation qui va faire en sorte que l’esprit sera un peu occupé et ne pas forcément penser à 100% à l’accident.

Pensez-vous que certaines méthodes en F1, comme l’emploi de tracteurs pour enlever les voitures, sont « préhistoriques » ?

Non, car à l’époque on laissait les voitures sur le côté. Les choses avancent et on peut toujours faire mieux en tant qu’homme, que pilote, que société,… Combien de fois des tracteurs étaient là ? Il y en avait un samedi matin en essais libres 3, un vendredi après-midi en essais libres 2 et là, c’est juste malheureux...

La rédaction