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JL Roy : "Vettel confirme et signe !"

Jean-Luc Roy, consultant RMC Sport

Jean-Luc Roy, consultant RMC Sport - -

Dans la chaleur et la moiteur de Malaisie, Vettel a confirmé son rang de patron de la F1. Après une pôle position obtenue sur le fil, l'allemand s'est logiquement imposé sur la ligne d'arrivée.

Il a fallu qu’il se « sorte les tripes » dans les toutes dernières secondes des qualifications, pour arracher la pole position des mains de Lewis Hamilton, qui pensait bien être installé tout en haut de la grille de départ, mais après avoir réalisé cet exploit sur un tour, Sebastian Vettel a confirmé avec autorité sur la piste de Sepang qu’il était bien le patron de la Formule 1 en ce début de saison ! Certes, il a arraché cette pole au pilote McLaren pour un seul petit dixième de seconde, certes il ne comptait « que » trois dixièmes de secondes d’avance sur son équipier Mark Webber, et à peine plus sur Jenson Button, celui d’Hamilton, mais l’addition se montait à près d’une seconde par rapport à Alonso, le plus rapide des pilotes Ferrari, et encore plus, évidemment, sur le reste du plateau.

Dans la chaleur et la moiteur de la Malaisie, puisque le déluge attendu n’est jamais arrivé pendant la course, le Champion du Monde en titre a confirmé ce dont tout le monde se doutait : son titre de champion l’a encore bonifié et mûri, et il exploite au mieux une Red Bull remarquablement conçue par Adrian Newey. Mais il suffit de comparer avec les performances de Webber, englué dans le paquet à la suite d’un mauvais départ, pour comprendre qu’il ne suffit pas de piloter une monoplace de l’équipe austro-britannique pour épater la galerie ! L’opposition, elle viendra avant tout des McLaren, cette fois c’est Button qui monte sur la deuxième marche du podium à l’issue d’une course intelligente où le Britannique a pu exprimer toute sa finesse au volant, et sa douceur avec les pneus, élément capital dans le résultat.

Les Lotus Renault, handicapées par une mauvaise série de moyeux en essais libres ont magnifiquement redressé la barre grâce à un départ d’anthologie, et Nick Heidfeld fait oublier Melbourne en montant sur le podium, alors que Petrov, valeureux comme souvent, décolle sur un vibreur et se retrouve passager d’une monoplace à la colonne de direction brisée…Une terrible situation qui rappelle le tragique 1er mai 1994 et l’accident d’Ayrton Senna…Heureusement ici les conséquences seront limitées, sauf pour le châssis.

Et les Ferrari ? Malgré un baroud d’honneur de Massa et Alonso en course, voyant l’Espagnol en 3e position pendant un moment puis un accrochage avec Hamilton, et Massa à la lutte avec Button, Webber et bien d’autres, le résultat final est décevant. On « sauve les meubles » en course, mais on manque de vitesse en qualifications. L’excellent Kobayashi se voit propulser au 7e rang par la pénalité d’Alonso avec sa Sauber-Ferrari, mais il s’est formidablement bien battu, avec deux arrêts au stand seulement, contre trois ou quatre pour ses adversaires, et le naufrage du jour est pour les Mercedes, une nouvelle fois inexistantes. Rosberg, 9e sur la grille rate son départ et les points à l’arrivée, et Schumacher 11e à près de 7 dixièmes de son équipier aux essais, sauve les deux points de la 9e place en course, juste devant le débutant Di Resta, propulsé par le même moteur.

Si Pirelli peut marquer ses pneus correctement, pour différencier aisément les durs et les tendres, et que la différence de performance, et de longévité, entre les deux types de gomme peut justifier leur appellation, ce sera un vrai bonheur en Chine. Il faudra patienter seulement quatre jours pour que le feuilleton de la F1 se poursuive à Shanghai, où il faudra bien que certains réagissent pour inquiéter Vettel, qui compte déjà 24 points d’avance, presque une victoire, sur Button, et près de 30 sur Hamilton et Webber.

Sacré Challenge !

Jean-Luc ROY

Debriefing F1 Motors TV

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