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Komatsu, l’ombre de Grosjean

Ayao Komatsu et Romain Grosjean

Ayao Komatsu et Romain Grosjean - -

Ingénieur principal de Romain Grosjean (Lotus) depuis le début de la saison dernière, le Japonais Ayao Komatsu détient les clefs d’une partie du succès du pilote français. Une relation qui dépasse le cadre des circuits.

Le premier prend la lumière, agressif en piste, radieux sur les podiums. Le second reste dans l’ombre, prévoyant, efficace. Mais les deux ne vont pas l’un sans l’autre. Pour expliquer le succès d’un pilote de F1, impossible de ne pas évoquer le rôle de son ingénieur principal. Une relation imposée mais essentielle où l’un doit aider l’autre. Où l’amitié et le partage représentent forcément un avantage. Prenez Romain Grosjean et Ayao Komatsu, par exemple. Auteur d’une excellente saison avec six podiums, le Français peut compter sur ce Japonais de 37 ans toujours souriant, son ingénieur depuis le début de saison dernière, pour accompagner sa progression vers les sommets.

« Mon job consiste à régler la voiture du mieux possible et à comprendre ce que Romain aime dans son comportement, explique Komatsu, arrivé à Londres en 1994 pour étudier l’ingénierie automobile avant de rejoindre l’usine d’Enstone (Renault F1 puis Lotus) en 2006. A la radio, en course, je dois lui faire comprendre ce qu’on attend de lui en termes de stratégie. » Grosjean poursuit l’explication : « Il y a quatre ingénieurs. Chacun se concentre sur ce qu’il sait faire et Ayao, l’ingénieur n°1, regroupe tout. On s’entend très bien et on se comprend quand on parle technique. Notre relation est top. »

« On gagne ensemble et on perd ensemble »

Imposé par Lotus, le duo a mis un peu de temps à s’apprivoiser. Entre un Grosjean qui revenait en F1 sur la pointe des pieds et un Komatsu qui sortait d’une collaboration difficile (sur le plan sportif) avec le Russe Vitaly Petrov, le début de relation a été difficile, notamment sur le plan de la communication. Mais les deux se sont rapprochés peu à peu, restant soudés dans les difficultés de la saison dernière. « Il a toujours été là. On gagne ensemble et on perd ensemble, philosophe Grosjean. Ayao a toujours su trouver les mots alors que dès fois, ce n’était pas simple. Aujourd’hui, quand je fais une erreur ou quelque chose de bien, il me le dit, et quand il fait une erreur ou quelque chose de bien, je lui dis. C’est notre force. » Au fil du temps, la collaboration a ainsi mué en amitié.

Les deux vivant en Angleterre, et appréciant la bonne chère, les repas communs ne sont pas rares. « Je lui ai donné quelques informations sur la nourriture japonaise mais sa cuisine est excellente », juge l’ingénieur. « Il a un fils qui est juste six mois plus vieux que le mien (celui de Grosjean est né l’été dernier, ndlr), précise le pilote. Il vient manger à la maison avec sa femme, je vais manger chez eux. On aime bien partager les bons moments, en course comme en dehors. » Une relation forte qui aide le binôme à faire de son mieux sur les circuits. « Parfois, sur les circuits, je dois lui dire des choses qu’il n’a pas envie d’entendre. Mais plus tu connais ton pilote, mieux tu peux travailler avec lui, analyse Komatsu. Romain est devenu plus mature et il a un peu changé son approche. Avant, il voulait toujours être le plus rapide. C’est toujours le cas mais quand ce n’est pas possible, il l’accepte mieux et arrive à obtenir le meilleur de la situation. » Eric Boullier, directeur de Lotus F1, résume bien le duo : « Ils se sont trouvés et façonnés. Il y a une bonne communication, de la confiance et de la compréhension. Ça fait partie de l’équilibre de Romain. » Les podiums en pagaille le prouvent.

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Alexandre Herbinet avec Antoine Arlot