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Le GP du Canada dans le viseur des étudiants

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Perturbé par des manifestations d’étudiants, le Grand Prix du Canada a été contraint d’annuler sa traditionnelle journée portes ouvertes avec les écuries, ce jeudi. Une décision qui ne devrait toutefois pas entraver le bon déroulement du week-end.

Si la saison de F1 n’a jamais été aussi incertaine sur le plan sportif, cela faisait bien longtemps que les Grands Prix de la catégorie reine du sport automobile n’avaient pas créé autant de remous autour de leur organisation. Début avril, Bernie Ecclestone a déjà dû composer avec la situation politique tendue à Bahreïn. A Montréal, ce sont les étudiants qui profitent de l’évènement pour faire entendre leur voix. « Les étudiants ne veulent pas perturber le Grand Prix, analyse Louis Butcher, journaliste au « Journal de Montréal ». Ils profitent seulement de la visibilité de l’évènement pour exprimer leurs revendications. »

Le danger, ce sont les groupuscules extrémistes qui gravitent autour des manifestations organisées dans les rues de la capitale du Québec. « Certains veulent interdire la course car ce n’est pas écologique, poursuit Butcher. Mais tous les corps policiers seront aux aguets. Les accès seront surveillés puisque le circuit se situe sur une île. » Les organisateurs ont même été contraints d’annuler la traditionnelle journée portes ouvertes gratuite du jeudi. Une visite inédite des stands, au contact des pilotes et des monoplaces. « Je n’ai voulu prendre aucun risque, confie François Dumontier le promoteur du circuit. Ce qui faisait la popularité de cette journée, c’est qu’on amenait les spectateurs tout près des voitures et des pilotes. C’est le caractère totalement ouvert de cette journée qui nous faisait peur. » Une décision qui a surpris le principal syndicat étudiant du Québec. « Je ne comprends pas, lâche la porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois. Ce que l'on a annoncé, c'est une action de visibilité qui n'avait pas comme but de nuire à la sécurité des gens. Notre but était surtout d'échanger avec la population. »

« L’engouement est moindre »

Ces troubles extra-sportifs n’ont en tout cas pas incité les spectateurs à se presser dans les tribunes du tracé Gilles-Villeneuve. La course devrait même connaitre une baisse de fréquentation de près de 30%. « La vente de billets ne se porte pas mal, détaille le promoteur de l’évènement. Après, on va continuer à vendre des places jusqu’à dimanche, ce qui n’est pas normal pour le GP du Canada. »

Et si les évènements festifs vont bien avoir lieu ce soir, c’est tout le secteur touristique de la ville qui souffre de cette fronde étudiante. « L’engouement est un peu moindre que les autres années, concède Louis Butcher. La population locale craint beaucoup les manifestations. Les gens restent à la maison. Les commerçants se plaignent, les hôtels ne sont pas complets et ça ne s’est pas vu depuis très longtemps. » Si le week-end ne devrait pas connaître de problèmes majeurs, le Grand Prix du Canada toussote et aura bien besoin d’une gorgée de sirop d’érable.