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Pourquoi la tension monte chez Red Bull

Sebastien Vettel et Daniel Ricciardo

Sebastien Vettel et Daniel Ricciardo - -

Sebastian Vettel connait un début de saison compliquée. Cinquième en Chine, le quadruple champion du monde a trainé des pieds pour laisser passer son coéquipier Daniel Ricciardo, plus rapide que lui, comme le demandait son équipe. Ambiance.

On peut être quadruple champion du monde en titre et devoir se ranger pour laisser passer son équipier. Après Bahreïn, Sebastian Vettel en a fait l’expérience pour la deuxième fois de suite ce week-end à Shanghai. Mais l’Allemand, moins rapide que Daniel Ricciardo, ne s’est pas montré très compréhensif. Alors que les consignes lui expliquaient que l’Australien était sur une stratégie différente à deux arrêts, il a renvoyé dans les cordes son ingénieur d’un « tant pis » (tough luck, ndlr) qui a semé le trouble. Après avoir barré la route à son équiper pendant deux tours, il s’est finalement exécuté. « Quand j’ai d’abord demandé pourquoi, je ne comprenais pas puisque nous avions les mêmes pneus, comme à Bahreïn, alors j’ai vérifié une deuxième fois, a-t-il expliqué. Quand l’équipe m’a dit que nous étions sur des stratégies différentes, je me suis décalé et, au fur et à mesure de la course, j’ai vu que je n’étais pas dans le rythme. » En effet !

Cinquième à l’arrivée, Vettel pointait à 24 secondes de son équipier, quatrième. Intouchable et protégé lors des quatre dernières années, « Baby Schumi » est tombé de son piédestal depuis le début de saison. Et s’il devance encore son nouvel équipier au classement général (5e avec 33 points avec 9 longueurs d’avance sur Ricciardo, 6e), il le doit au déclassement de ce dernier à l’issue du Grand Prix d’Australie, où il avait pris la deuxième place. Alors que les consignes étaient en sa faveur lorsqu’il était associé à Mark Webber, la donne a changé depuis l’arrivée du jeune Australien (24 ans), issu comme lui de la filière Red Bull. Mais les explications ne sont pas vraiment claires de la part de l’écurie, dont l’argument de stratégies différentes pour ses deux pilotes ne tient pas. Les deux ont en effet effectué le même nombre d’arrêts (2). Cette communication démontre la volonté de ne pas froisser sa star.

Ricciardo joue l'apaisement

Déjà distancée dans la lutte pour le titre constructeurs (97 points de retard sur Mercedes), l’équipe qui « donne des ailes » a besoin de points. Et l’attitude de Vettel a peut-être fait perdre un temps précieux à Ricciardo pour aller chercher la trosième place de Fernando Alonso (Ferrari). Beaucoup plus souriant et conciliant que son compatriote et prédécesseur, Ricciardo n’a pas voulu s’appesantir sur l’incident. « Nous sommes en course et dans la bataille. Vous voulez toujours conserver ce que vous avez mais l’équipe a parlé à la radio et il m’a laissé passer », a-t-il seulement commenté.

Christian Horner, le patron de l’écurie, a aussi tenté de désamorcer la polémique. « C’est un pilote de course. Nous employons ces gars parce qu’ils ont ce "fighting spirit". Il n’a pas gagné quatre titres de champion du monde sans être un battant, explique-t-il. Bien sûr, il faudra l’interroger mais dès qu’il a compris le raisonnement, il s’est immédiatement rangé. Je pense qu’il a, pendant une seconde, voulu poursuivre sa route mais il a fait la bonne chose pour l’équipe en laissant passer son coéquipier. Avec Fernando, se battre est une chose, mais avec le déficit de vitesse que nous avions, le doubler en était une autre assez différente. »

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NC avec AA