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Schumacher : beaucoup de questions, peu de réponses

Le procureur Patrick Quincy sous le feu des projecteurs

Le procureur Patrick Quincy sous le feu des projecteurs - -

Particulièrement attendue, la première conférence de presse du parquet d’Albertville n’a pas été riche en enseignements. Prudents, les enquêteurs confirment quand même que Schumacher était bien hors-piste et qu’il skiait à « allure normale ».

Schumacher était-il hors-piste ?

OUI. C’est une des questions essentielles à la compréhension de l’enquête. Pas étonnant donc que le procureur de la République et les enquêteurs aient eu à revenir à de nombreuses reprises sur le sujet. Michael Schumacher évoluait hors-piste, entre la piste rouge « Mauduit » et la piste bleue « Biche ». L’ancien pilote de Formule 1 « a choisi délibérément d’aller » en zone hors-piste. Stéphane Bozon, commandant du peloton de gendarmerie haute montagne de Savoie, ajoute : « Le bord gauche est délimité par des jalons à distance régulière. M. Schumacher évoluait à l’extérieur de ces jalons dans un domaine qui n’était plus balisé. » Patrick Quincy, le procureur, enchaîne : « Il existe des normes françaises fixant les règles applicables. Les constatations faites démontrent que les normes sont respectées. »

Schumacher skiait-il trop vite ?

NON. Comme la trajectoire de l’Allemand, la vitesse à laquelle il descendait est au centre de toutes les questions. C’est donc grâce à la GoPro remise par la famille que les enquêteurs et experts avancent sur le dossier. « Nous avons ce film. Nous allons l’étudier avec les personnes les mieux qualifiées et si nécessaire nous préciserons quelle était cette vitesse, explique Patrick Quincy. Mais j’ajoute que cette vitesse n’est pas nécessairement importante pour nous et pour les conclusions que nous porterons à l’enquête. » Une réponse plus précise s’est longtemps faite attendre. « M.Schumacher était à l’évidence un très bon skieur. Il évoluait sur un terrain peu pentu avec une vitesse induite par cette pente, sans forcément chercher à la réduire, gardant une trace parallèle à la distance qu’il prenait, précise le gendarme Stéphane Bozon. On ne peut pas donner une vitesse, mais on peut dire qu’il avait la vitesse d’un bon skieur. » Un autre enquêteur insiste : « La vidéo montre une allure tout à fait normale sur ce type de terrain pour un skieur confirmé. »

Schumacher a-t-il porté assistance à un tiers ?

NON (pour l’instant). Cette thèse a été avancée par le clan Schumacher. Et pour le moment, le film, d’une durée d’environ deux minutes et saisi par les enquêteurs, ne donne aucune information complémentaire. « Je n’ai pas d’éléments sur une autre personne. Je suis amené à penser qu’il est allé délibérément dans cette zone. Il y a une enquête qui est menée, livre le procureur. On ne voit que sa trace. Le champ de vision est limité. » Patrick Quincy n’accorde d’ailleurs pas beaucoup de crédit à la thèse du journal allemand Spiegel, qui avançait qu’un skieur allemand avait filmé Schumacher avant sa chute.

Le matériel de Schumacher est-il en cause ?

NON, en ce qui concerne les skis. « Le matériel nous a été remis. Il a été saisi et confié à un service qui procède à l’expertise. Nous aurons la connaissance des résultats d’ici quelques jours », déclare le procureur. Le casque a bien été cassé, quant aux skis, ils ne semblent pas être en cause. « Les skis sont en parfait état, quasiment neufs. Ils ne sont pas la cause de l’accident. En revanche, nous avons relevé des traces qui corroborent le fait d’avoir gratté une surface rocheuse », a observé Stéphane Bozon. A ce stade de l’enquête, aucune plainte n’a d’ailleurs été déposée par l’un des protagonistes.

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PTa