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Schumacher, une affaire de gros sous

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Alors que Michael Schumacher est toujours dans le coma, un enregistrement vidéo d’un témoin pourrait faire avancer l’enquête autour des circonstances de son accident, dont dépendent des sommes astronomiques.

Alors que Michael Schumacher est dans un état stable - et critique - depuis son accident survenu dimanche dernier, l’enquête autour des circonstances du drame connaît de son côté certaines évolutions. Un touriste allemand, qui filmait sa compagne au moment des faits, a ainsi certifié samedi avoir des images du pilote avant sa chute, et a confié à la publication allemande Der Spiegel qu’il les laissait à la disposition de la justice. En précisant que Schumacher skiait lentement, contrairement à ce qui avait été présumé jusqu’à présent. Les regards ont beau être braqués sur la santé de la victime, les circonstances exactes de son accident sont loin d’être anodines, revêtant des incidences financières colossales, relatives aux différentes responsabilités engagées. 

Et ce nouvel élément relance l’enquête chargée de déterminer notamment s’il y a eu négligence de la station ou des équipementiers (fournisseurs du casque et des skis), imprudence de l’ancien pilote de F1 ou simplement terrible malchance. Des considérations qui peuvent paraître bassement matérielles au regard de la situation dans laquelle se trouve "Schumi", mais qui ne peuvent être éludées vu les sommes potentiellement engagées : « Si la responsabilité de la commune est intégralement retenue, M. Schumacher pourra prétendre à une indemnisation intégrale de son préjudice, explique Marie-Anne Lévitan, avocate spécialiste de l’indemnisation des victimes. Et il y a un préjudice pour lui qui est considérable, c’est son préjudice professionnel, qui va se chiffrer à plusieurs millions d’euros. »

De nombreuses questions en suspens

La station pourrait par exemple être en cause si la zone de l’accident aurait mérité d’être balisée comme dangereuse. « On n’est pas dans un hors-piste total. C’est une zone fréquemment utilisée par les skieurs, et si un danger n’est pas signalé, la responsabilité de la station peut être engagée », poursuit l’avocate. Même topo pour les équipementiers, si une défaillance du casque ou d’une fixation était avérée. « Un casque est censé apporté la sécurité, il y a un régime particulier de responsabilité du fabricant contre lequel la famille pourrait se retourner. »

En résumé, la vitesse de Schumacher, la distance du rocher par rapport à la piste ou encore le matériel du champion sont autant d’éléments qui pourraient faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre, et la vidéo, si elle est exploitable, apportera quelques réponses. Le procureur d’Albertville, qui diligente l’enquête, n’a pas encore souhaité communiquer et donnera une conférence de presse dans le courant de la semaine prochaine, à une date encore inconnue. En espérant que d’ici là, l’état de santé du septuple champion du monde de Formule 1 ait lui aussi connu quelques progrès significatifs.

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A.T.