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Spa-Francorchamps, un circuit mythique en danger

Spa-Francorchamps

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Le spectaculaire circuit, théâtre du Grand Prix de Belgique ce week-end, est le tracé favori des pilotes de F1. Mais il pourrait disparaître du calendrier en 2012 pour des histoires de gros sous.

Sébastien Buemi n’a qu’à fermer les yeux pour se le remémorer. Le fameux « raidillon de l’Eau Rouge », principale difficulté du circuit de Spa-Francorchamps, il le connaît par cœur. « On arrive en descente à une vitesse d’environ 300 kilomètres heure, lâche le pilote Toro Rosso. Et puis ça monte relativement fort. On a l’impression d’avoir un mur devant soi. En prenant ce virage à fond, on se tasse dans la voiture, comme si on était écrasé au sol. C’est quelque chose de rare. »
Et de suffisamment fort pour faire de ce tracé l’un des plus légendaires de la Formule 1 depuis son inscription au calendrier en 1950. Détenteur du record du tour depuis 2002, Michael Schumacher en personne ne s’en est pas caché : ce circuit fait partie de ses « préférés ».
« En Belgique, nous n’avons ni pilote, ni écurie, ni d’industrie liée au sport mécanique, souligne André Maes, directeur de la société Spa Grand Prix. Notre seul atout, c’est le circuit. »
La beauté et le site naturel sur lequel il est construit n’est pas étranger à sa réputation. « C’est l’un des derniers créés en respectant la géographie du site, rappelle André Maes. On n’a pas rasé de collines, ni creusé de trou. Le tracé a toujours évolué en suivant les idées des pilotes. »
Au final, avec un peu plus de 7 kilomètres, c’est le plus long de la saison. « Il y a énormément de virages, des rapides et des moins rapides, raconte Sébastien Buemi. La dernière partie se fait à fond. Tout cela le rend mythique. »

Concurrence des nouveaux pays

Avec Monza et Monaco, c’est même l’une des principales attractions de la saison. Pourtant, le Grand Prix de Belgique n’est pas certain de retrouver une place au calendrier après 2012, date où son contrat s’achève. Comme plusieurs Grands Prix européens, la manche belge doit faire face à la concurrence des nouveaux pays.
L’an dernier, la perte nette des organisateurs a atteint plus de 5 millions d’euros. Il manquait alors 20.000 spectateurs pour arriver à l’équilibre financier. Malgré la présence de Schumacher, l’affluence devrait être à peine plus importante cette année, aux alentours de 50.000 personnes.
L’avenir de Spa-Francorchamps pourrait d’ailleurs se jouer dans les prochaines heures. Ce week-end, le détenteur des droits commerciaux de la Formule 1, Bernie Ecclestone souhaite rencontrer les organisateurs de la course. Pour parler d’avenir.

Clément Zampa avec Antoine Arlot, à Spa