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Todt : « La F1 coûte trop cher »

Jean Todt

Jean Todt - -

En marge du Grand Prix d’Italie à Monza ce week-end, le président de la FIA, le Français Jean Todt, a fait le point sur les chantiers des sports automobiles et notamment de la F1. Priorité à la réduction des coûts et à la sécurité.

Jean Todt, parlez-nous de l’un de vos chantiers prioritaires, la réduction des coûts de la F1…

Il y a des priorités à tous les niveaux de la compétition automobile : réduire les coûts, augmenter le spectacle, s’assurer de l’arrivée de nouvelles technologies en matière d’environnement, et la sécurité. Ce sont les chantiers. Il est vrai que la Formule 1 coûte trop cher. Il faut augmenter les revenus et réduire les coûts.

Comment y parvenir ?

A partir de 2014, il va y avoir une nouvelle réglementation avec l’introduction du moteur 1,6L qui va dans le sens d’une vision pour le futur. Il y aura également une réduction des coûts au niveau du châssis et de l’aérodynamique. Il faudra travailler avec les équipes et le promoteur de la compétition (Formula One, ndlr). On parle aussi d’un contrôle sur les budgets, beaucoup d’équipes ont fait une demande dans ce sens.

Les grosses écuries sont-elles prêtes à ce changement ?

Elles ne sont pas prêtes, elles sont demandeuses. On ne peut pas avoir une vision plus partagée, mais c’est un équilibre difficile à atteindre. D’un côté, chaque équipe veut être plus performante. De l’autre, il y a des limitations budgétaires parce qu’il y a de plus en plus de difficultés à trouver des sponsors. L’économie automobile s’essouffle, notamment en Europe.

Quand le championnat électrique verra-t-il le jour ?

Il y aura une Formule Électrique à partir de 2014 qui aura lieu dans une dizaine de capitales mondiales. J’ai eu l’accord de principe du maire de Rio et beaucoup de grandes villes ont manifesté leur intérêt. C’est une discipline fondamentalement différente de la F1, avec un format qui lui sera propre, c’est un clin d’œil adressé à la motricité électrique destinée aux villes.

Après l’accident de Spa, peut-on être satisfait de la sécurité en F1 ?

Quand on parle de sécurité, c’est de sécurité sur les routes dans le monde. Il y a 1,3 million de morts et 50 millions de blessés sur les routes tous les ans. La synergie entre le sport et la mobilité quotidienne est extrêmement importante. Emerson Fittipaldi (champion du monde en 1972) a perdu 35 collègues, Felipe Massa entre 2002 et 2012 a été victime d’un terrible accident mais n’a pas eu d’autres accidents mortels autour de lui. Des progrès ont été effectués. Tous les week-ends dans les épreuves régionales, il y a des victimes parmi les concurrents et dans le public. Beaucoup de choses restent à faire, mais beaucoup de choses ont été faites.