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Un doublé et une polémique

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Fernando Alonso a remporté ce dimanche le Grand Prix d’Allemagne au volant de sa Ferrari, devant son coéquipier Felipe Massa. Un triomphé entaché par l’utilisation de consignes d’équipe, formellement interdites en F1.

Après une traversée du désert de plus de quatre mois, Ferrari a signé un retour éclatant ce dimanche en Allemagne. Sur le circuit d’Hockenheim, Fernando Alonso s’est imposé devant son coéquipier Felipe Massa. Un doublé salvateur après celui réalisé le 14 mars dernier à Bahreïn, en ouverture de la saison. « Je suis très content pour l’équipe, savoure l’Espagnol. Nous avons vécu quelques courses difficiles cette année. Mais là, on a fait un super week-end. La voiture s’est énormément améliorée. »

Derrière les sourires ensoleillés, un épais nuage plane pourtant sur le garage de la Scuderia. Le triomphe de l’écurie italienne fait grincer des dents au sein du paddock. La raison ? Des consignes d’équipe qui auraient été données à Massa, en tête durant la majeure partie de la course, afin qu’il laisse la victoire à Alonso, mieux placé au classement général.
A vingt tours de l’arrivée, le Brésilien, solidement accroché à sa première place, hésite étrangement au moment d’effectuer un changement de vitesse. Son coéquipier en profite pour le doubler et s’adjuger son deuxième succès de la saison. Une heureuse coïncidence. Trop pour certains.

Depuis 2002, les consignes d’équipe sont interdites en F1. Après la manœuvre litigieuse, un ingénieur de Ferrari lance dans la radio de Massa un « thank you » qui en dit long. « Il y a un doute sur les intentions, glisse Eric Bouiller, le patron de Renault. C’est à la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) de vérifier et d’enquêter. S’il s’avère qu’il y a eu des consignes, elle n’aura pas d’autre choix que de sanctionner. »

Ferrari menacée d’exclusion

Au pied du podium, les protagonistes ne souhaitaient pas s’étendre sur l’incident. « Je n’ai rien à dire concernant le dépassement de Fernando, souffle Massa. Il m’a seulement dépassé. C’est très bien de faire le doublé pour l’équipe après des mois plus difficiles. C’était vraiment une bonne course pour nous. » Même cacophonie chez son double champion du monde de partenaire. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, assure Alonso. J’ai vu Felipe rouler un peu plus doucement, donc j’en ai profité pour le dépasser. On doit prendre toutes les opportunités qui se présentent sur un tel circuit, parce qu’il est très difficile de doubler. Vous n’avez qu’une chance en dix tours pour y arriver. Je n’avais jamais été aussi près de lui, alors à ce moment-là, je l’ai dépassé. »

Pas franchement convaincus par ces arguments, les commissaires sportifs de la FIA convoquent les responsables de Ferrari dès la fin de la course. Une première amende de 100 000 dollars tombe. Elle pourrait s’accompagner d’une sanction beaucoup plus lourde dans les prochains jours. Accusé de jeter le discrédit sur le sport et convoquée devant le Conseil Mondial du Sport Automobile, l’écurie au cheval cabré risque une exclusion temporaire du championnat.
En attendant, Alonso réalise la bonne opération du week-end au classement. Revenu à 34 points du leader Lewis Hamilton (McLaren), quatrième ce dimanche, le pilote ibère peut à nouveau rêver du titre. A moins que la polémique ne vienne perturber ses ambitions.

Alexandre Jaquin avec Antoine Arlot à Hockenheim