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Loeb : "L’objectif est de partir sur le Dakar pour plusieurs années"

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Invité de Direct Laporte, ce dimanche sur RMC, Sébastien Loeb s’est confié sur le nouveau défi qui l’attend sur le Dakar (3-16 janvier). Une course dont le nonuple champion du monde des rallyes s’imagine déjà disputer plusieurs éditions.

Sébastien Loeb, après le rallye, le circuit, vous voilà en route pour le Dakar. Vous voulez tout tester ?

J’ai toujours aimé changer en fait. Ma passion, c’est avant tout le sport automobile en général. C’est vrai que le rallye est sans doute la discipline qui me correspondait le mieux. Mais j’ai décidé d’arrêter et de me lancer sur un nouveau défi, le circuit. J’ai fait une année de GT et deux ans de WTCC. Et il y a l’autre côté du sport automobile avec l’aventure, le rallye-raid qui m’attirait. J’ai eu la possibilité avec Peugeot cette année.

Est-ce très différent au niveau de la préparation ?

On a essayé de faire une préparation en dormant dans des tentes qui simulent l’altitude, avec un manque d’oxygène, parce qu’au Dakar, il y a plusieurs étapes de suite entre 3500m et 5000m. Il faut s’y acclimater un peu. En dehors de ça, la préparation est plus dans le pilotage parce que c’est complètement différent. En rallye, le copilote nous annonce les notes qu’on lui a dictées en reconnaissance, donc on connaît déjà plus ou moins la route. En circuit, on connaît par cœur. Là on part vraiment à la découverte avec des circuits très longs, des spéciales de plus de 500km avec des indications assez vagues.

Votre complice Daniel Elena sera à vos côtés. Son rôle diffère-t-il de celui de copilote en WRC ?

Il aura pas mal de choses à dire parce qu’il y a quand même des annotations. Mais il a surtout un rôle beaucoup plus compliqué que celui de copilote en WRC. En WRC, on fait des reconnaissances, moi je lui décris ma route à faible vitesse et il me la retranscrit à grande vitesse. Là, il a un road-book qui lui est donné la veille de chaque étape et qu’il doit préparer dans la soirée pour essayer d’être le mieux préparé le matin. Et il y a des caps à suivre, des changements de directions cachés, des endroits piégeux… On peut vite se perdre et le rôle du copilote est très important sur un Dakar. Une petite erreur peut coûter très cher.

« On part à deux novices »

Un novice comme vous l’êtes dans cette épreuve peut-il gagner le Dakar ?

C’est difficile à dire, vraiment je ne sais pas. Au niveau pilotage, pourquoi pas. Mais on part aussi à deux novices avec Daniel, donc j’espère qu’on sera dans le coup, qu’il s’en sortira bien dans la navigation et qu’on y arrivera. De là à gagner… C’est une course qui fait 9500 km, il peut arriver pleins de choses. Il y a toute une gestion à faire. On verra. Il ne faut pas s’emballer, d’abord prendre nos marques et notre rythme et voir au fur et à mesure des étapes où on se situe.

Peugeot s’aligne toujours avec beaucoup d’ambition sur le Dakar…

Peugeot est revenu sur le Dakar l’an dernier avec une première voiture. Ils n’ont pas été dans le coup pour la victoire mais ils ont beaucoup appris. La nouvelle voiture est vraiment performante, je pense. On a vraiment été satisfaits en essai, on a tous un bon feeling avec la voiture. De là à dire qu’on va se battre pour la gagne, on n’en sait rien. Mais en tout cas tout le monde est motivé pour être aux avant-postes.

Est-ce une expérience unique pour cette année ou voulez-vous vous inscrire dans la durée ?

Le but n’est pas de faire un one-shot. Le Dakar, c’est vraiment une course d’expérience, une aventure. C’est très difficile d’arriver et de gagner d’entrée donc l’objectif, c’est de se préparer, de prendre de l’expérience. On verra, je pense que ça va me plaire et qu’on va partir pour plusieurs années. C’est l’objectif.

« Je n’ai aucun regret »

Pourriez-vous envisager de vous aligner sur les 24 Heures du Mans ?

Ça ne fait pas forcément parti de mes objectifs pour l’instant. On ne peut pas tellement se lancer dans tous les défis parce que c’est le genre de course qui demande beaucoup de préparation. Les 24 Heures du Mans, je les ai déjà faites et on s’était battus pour la victoire en 2005-2006. Aujourd’hui, pour se battre pour la victoire, il faut être avec des écuries comme Audi, Porsche ou Toyota. Etant donné que je suis pilote Peugeot, la question ne se pose pas pour l’instant.

Citroën a choisi de ne pas renouveler votre contrat en WTCC la saison prochaine. En avez-vous été déçu ?

Forcément un peu sur le moment parce que je ne m’y attendais pas. Mais après-coup c’est comme ça, c’est une page qui se tourne. J’ai plein de bons souvenirs mais, d’un autre côté, ça m’ouvre de nouvelles portes. Le fait de ne plus courir en WTCC peut me permettre de me lancer dans d’autres championnats. Sur le moment, j’étais surpris, déçu, surtout pour l’équipe. C’est un tournant mais je n’ai aucun regret.

La Formule 1 vous a-t-elle tenté ?

Il y a un moment où ça m’avait traversé l’esprit parce que l’opportunité s’était présentée plus ou moins en 2009, en gagnant le titre avec Red Bull, qui m’accompagnait en partenaire avec Citroën. Ils m’avaient proposé de faire une séance d’essai en fin d’année. J’étais assez compétitif d’entrée de jeu et il y a eu l’idée, à un moment, de me faire faire quelques courses. Le projet m’avait bien plu sur le moment. Ça ne s’est pas concrétisé parce que ça s’est compliqué en rallye pour moi cette année-là. Finalement, on est restés concentrés sur le championnat du monde rallye.