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Zarco, vainqueur vaincu

Johann Zarco et Hector Faubel à la lutte pour la victoire sur la ligne d'arrivée du GP d'Allemagne.

Johann Zarco et Hector Faubel à la lutte pour la victoire sur la ligne d'arrivée du GP d'Allemagne. - -

Arrivé un millième de seconde avant Hector Faubel, ce dimanche lors de la course 125 cc du GP d’Allemagne, le Français croyait avoir enfin signé sa première victoire. Avant de voir la direction de course attribuer la victoire à l’Espagnol, après analyse de la photo-finish, au bénéfice de son meilleur tour en course. Comme à Barcelone, la joie vire à la frustration pour le Cannois, qui conforte tout de même sa 2e place au championnat.

Gagner un premier Grand Prix est un moment à part dans la carrière d’un pilote. Les années à s’entraîner, les heures à étudier chaque circuit, les voyages aux quatre coins du globe, les sacrifices familiaux : tout prend plus de sens sur la plus haute marche du podium. Ce moment, Johann Zarco (Derbi) a bien cru pouvoir enfin le vivre ce dimanche au GP d’Allemagne. Au coude-à-coude avec Hector Faubel (Aprilia) au bout d’une course 125 cc à suspense, le pilote français a franchi la ligne d’arrivée du Sachsenring… un millième de seconde avant l’Espagnol ! Conforté par les ralentis diffusés sur les écrans géants, Zarco a alors entamé un tour d’honneur, drapeau français à la main. Un bonheur calmé dès son retour au parc fermé où les officiels lui ont indiqué le succès de Faubel.

La raison ? Après analyse de la photo-finish, la direction de course a finalement décidé de classer les deux pilotes à égalité. Avant d’attribuer la victoire au pilote espagnol au bénéfice du meilleur tour en course. Ou comment passer de vainqueur à vaincu en quelques secondes. Une situation dont Zarco est déjà coutumier cette saison. Premier sous le drapeau à damiers à Barcelone, le Français s’était vu infliger une pénalité de vingt secondes, le déclassant à la sixième place pour un dépassement dangereux sur un autre Espagnol, Nicolas Terol, dans les derniers hectomètres. De quoi espérer que l’adage jamais deux sans trois ne se vérifie pas à la prochaine opportunité.

« J’espère que cette victoire va bientôt arriver »

« J’espère que cette victoire va bientôt arriver, confirme Johann Zarco. C’était un grand moment avant que l’on m’annonce que ce n’était pas encore pour cette fois. Je suis déçu mais pas énervé. C’est la course. Ici, le dernier virage est toujours difficile pour dépasser convenablement. Je pensais avoir gagné mais ce résultat reste bon pour le championnat. » Seul pilote des trois catégories à avoir terminé chaque course dans le top 6 depuis le début de saison -preuve d’une régularité qui peut le mener loin- le Français conforte sa deuxième place au classement du championnat, 32 points derrière Terol, quatrième en Allemagne. Reste juste à remporter enfin sa première course. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer.

Le titre de l'encadré ici

Pedrosa joue les arbitres|||

On ne l’imaginait pas revenir aussi vite sur la première marche du podium. Mais le talent reste le talent. Victime d’une clavicule cassée suite à une chute provoquée par Marco Simoncelli (Honda) au Mans, Dani Pedrosa avait raté trois courses MotoGP avant d’effectuer son come-back au GP d’Italie, il y a quinze jours, pour prendre une huitième place encourageante mais pas en rapport avec le potentiel d’un garçon vainqueur au Portugal début mai. Deux semaines plus tard, l’Espagnol a mis les choses au point : le pilote Honda est bien de retour ! Vainqueur du GP d’Allemagne, ce dimanche sur le circuit du Sachsenring -une piste où il a toujours été à l’aise- Pedrosa s’est rappelé aux bons souvenirs du plateau et a prouvé qu’il faudrait compter sur lui pour la fin de saison. « Gagner aussi vite après mon retour est une sensation incroyable, explique Pedrosa. J’ai vécu des moments difficiles avec ma blessure… »

Cinquième au championnat, mais à seulement quatre petits points d’un Valentino Rossi clairement un ton en dessous sur sa Ducati, l’Espagnol ne peut plus, sauf concours de circonstances favorables, viser le titre. Mais il va jouer un rôle déterminant dans le duel entre Casey Stoner (Honda) et Jorge Lorenzo (Yamaha). Dans une discipline à l’opposée de la F1 au niveau des consignes d’équipe, Dani va jouer sa carte. Et ses victoires peuvent, comme hier, faire le jeu de l’Espagnol Lorenzo (2e en Allemagne, juste devant Stoner) dans son objectif de rattraper Stoner au classement. Plus à l’aise dans le rôle du chasseur que dans celui du chassé, Lorenzo n’a plus que 15 points de retard sur l’Australien à mi-championnat. Avec un Stoner vainqueur quatre fois en neuf courses mais plutôt fragile dans sa tête, et capable de craquer sous la pression, l’Espagnol reste en bonne position pour conserver son titre de champion du monde. La seconde moitié de saison s’annonce passionnante.