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Casteu : « Les amateurs sont les vrais héros du Dakar »

David Casteu

David Casteu - -

Victime de sa boîte de vitesse, le pilote du Team Casteu a vu s’envoler ses rêves de podium. Mais sa mésaventure lui a permis de retrouver les valeurs originelles d’une course inimitable. Interview vérité.

David Casteu, que vous est-il arrivé lors de cette 5e étape entre Calama et Iquique ?

Au km 120, j’ai cassé ma boite de vitesse. J’ai démonté le carter moteur et j’ai réussi à passer une vitesse. J’ai fait les 315 dernier km en première, à 45 km/h. C’était l’enfer. Je comptais les kilomètres. La moto pouvait casser à n’importe quel moment. Je voulais aller au bout pour mes mécanos et pour mon équipe.

Cette mésaventure vous a rapproché des sans-grades…

Cela m’a rappelé mes premiers Dakar quand j’étais encore amateur. Maintenant, j’ai un beau camion, une belle veste et de beaux pantalons. Et j’ai eu un rappel à l’ordre. Sur un rallye-raid, quand tu as un problème, il faut te débrouiller. J’ai su ainsi réparer ma moto. Mais se faire rattraper comme ça par les autos ou les camions, c’est horrible. Sur le Dakar, il y a vraiment deux courses. Les amateurs qui terminent le Dakar sont vraiment des héros. On ne peut même pas s’imaginer. Nous, on se bat à coups de secondes. Eux, la seule chose c’est avancer, avancer, et finir jour après jour.

Vous aviez oublié ces émotions ?

Oui, car il y a tellement d’enjeux financiers et d’images et on est tellement concentré sur la course. Mais sur le Dakar, les grandes histoires, ce sont les amateurs qui les écrivent. Ils vivent des moments difficiles. Par exemple, j’en ai sorti deux dans les dunes. Il s étaient complètement perdus. C’est énorme ce qu’ils vivent. Imaginez, le rallye-raid est la seule discipline qui est ouverte à tout le monde. Et ça c’est magique ! Personne ne peut accéder à un Grand Prix de F1. Une course comme le Dakar oui ! Certains ont fait des crédits pour vivre leur rêve. Je suis vraiment impressionné par ses gens.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

J’ai été très déçu quand j’ai cassé. Mais j’ai croisé les amateurs. L’un d’entre eux m’a tapé dans le dos et j’ai compris dans son regard que c’était déjà beau d’être encore sur la piste. A 36 ans, je me fais toujours plaisir. J’adore rouler dans le désert. Alors, je vais me lâcher un peu. Enlever cette pression. Et puis le Dakar est encore long. Pourquoi ne pas gagner une étape.

Propos recueillis par Antoine Arlot à Arica