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Dakar : Gordon, un « bad boy » indispensable

Robby Gordon

Robby Gordon - -

Apprécié pour ses coups d’éclats comme détesté pour ses excès, Robby Gordon est LE pilote du bivouac du Dakar. Celui qui agace ses concurrents et transgresse régulièrement les règles, mais qui suscite aussi un réel attrait.

La Ligue 1 a Zlatan Ibrahimovic. Le Dakar a Robby Gordon. Le pilote américain, né à Bellflower, en Californie, n’a pas la taille (1,82 m contre 1,94) ni les muscles du géant suédois. Encore moins ses tatouages. Mais Gordon partage un sacré point commun avec « Zlatan ». Celui d’être un « bad boy ». Un vrai. Quand l’ancien Milanais laisse volontairement sa voiture devant l’entrée du parking réservé aux entraîneurs, Gordon, lui, va garer son Hummer à côté de la salle de presse du Dakar pour rameuter les photographes de la course. Ibra toise du regard ses adversaires, écarte les bras à chaque but et affirme que la Ligue 1 le connaissait déjà ?

Gordon arbore une casquette où on peut y voir son sponsor, la boisson énergétique Speed, écraser une Red Bull et une Monster, deux autres sponsors présents sur le Dakar. « Il est super provocateur, confirme Stéphane Peterhansel. En tout cas, il fait le spectacle et ça, c’est bon pour le public et pour les organisateurs. » Sauf que pour faire le spectacle, Robby Gordon, obsédé par la gagne, n’hésite pas à franchir la ligne rouge. Comme l’année dernière, où la patrouille l’avait rattrapé pour tricherie, après qu’il ait transformé sa voiture en véritable machine de guerre. « C’est un attaquant, il prend beaucoup de risques, il a une voiture qui est très bien faite, juge Peterhansel. Après, c’est un compétiteur un peu décalé par rapport aux autres pilotes du Dakar. Il ne respecte pas forcément les règles. »

Castera : « On le surveille un peu plus »

Au point que, même exclu du Dakar, il refuse de quitter la compétition, poursuivant la course sur quelques jours, se présentant d’ailleurs à l’arrivée à Lima, au Pérou. Le « rebelle américain », comme il aime se faire appeler, agace la concurrence. Peterhansel le premier, qui n’en est « pas fan ». Le Qatari Nasser Al-Attiyah, qui était son partenaire l’an passé, non plus, au point de ne plus pouvoir le voir. Les directeurs de course auraient pu partager le même avis après sa duperie en 2012. Mais le Dakar n’a pas oublié non plus les coups d’éclat (premier Américain à avoir remporté une spéciale du rallye-raid en auto lors de son premier Dakar en 2005, 3e de la course en 2009) de ce passionné de 43 ans, dont elle n’envisage pas de se séparer.

« Il a payé sa dette, rappelle le directeur sportif de la course, David Castera. Il a été déclassé du Dakar. Pourquoi ne pas le reprendre ? C’est un personnage atypique, pas toujours facile à gérer mais le Dakar en a besoin. On le surveille un peu plus par contre. Il sait qu’il n’a pas le droit de sortir de sa ligne et je pense qu’il va s’y tenir. » Le reste de la course le dira. Déjà out pour la victoire finale après son tonneau mardi lors de la 4e étape – entre Nazca et Arequipa – Robby Gordon n’a toujours pas abandonné. La preuve ? Celui qui compte 5 heures de retard sur la tête de course, finit depuis régulièrement sur le podium de chaque étape. Bad boy, showman : oui. Mais surtout sacré têtu.

A.D avec A.A à Tucuman (Argentine)