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Dakar : les héros de Race2Recovery

Phillip Gillespie

Phillip Gillespie - -

Composée d’ex-militaires amputés d’un ou plusieurs membres, l’équipe Race2Recovery a choisi le Dakar pour récolter un maximum d’argent pour sa fondation. Si l’objectif n’est évidemment pas sportif, les pilotes comptent bien voir Santiago.

Le Dakar recèle de ces histoires hors du commun qui marquent le grand public, où le courage de certains pilotes force l’admiration. Le plus souvent, elle naît au fil de la course et des nuits de galère. Pour l’équipe Race2Recovery, c’est bien avant le départ de cette 34e édition du rallye-raid qu’il a fallu énormément de courage. Sur des théâtres de guerre où ces anciens militaires anglais et américains ont été amputés d’un ou plusieurs membres, conséquences des combats vécus en Irak ou en Afghanistan. Alors qu’ils sont habitués aux déserts et aux conditions difficiles, participer au Dakar est pour eux un fantastique défi, après ce qu’ils ont connu.

« Je me suis retrouvé en Afghanistan en 2009 dans une province plutôt dangereuse. On pouvait rouler sur une assez longue distance dans le désert, raconte l’ancien capitaine de l’armée britannique, Anthony Harris, amputé de la jambe droite. Nous avons dû faire face à trois ou quatre combats avec des ennemis. Dans l’un d’entre eux, mon véhicule est passé sur une bombe en plein milieu du désert, ce qui m’a propulsé en dehors de mon véhicule à environ 20 mètres. J’ai passé un peu plus de neuf mois à l’hôpital. On a dû m’amputer de la jambe droite. C’est vraiment incroyable de voir que je suis capable de faire des choses magnifiques comme ça. »

Une première sur le Dakar

C’est la première fois qu’une équipe de ce type, qui aligne quatre voitures, participe au Dakar. Si son but est évidemment d’aller au bout de la course, Race2Recovery souhaite également récolter un maximum de fonds pour la fondation « Tedworth House Personnel Recovery Centre », qui vient en aide aux militaires blessés. Dans les 28 personnes formant l’équipe (pilotes, co-pilotes, mécanos…), on retrouve tout de même quelques valides, à l’image de Catherine Derousseaux, co-pilote du capitaine Harris. La Française ne voit d’ailleurs pas la différence de pilotage entre son coéquipier et une personne valide.

« Mon pilote est entièrement normal. Il est capable de jouer au football, de courir, de faire du footing ou encore du basket, témoigne-t-elle. On ne voit pas du tout son handicap quand il porte un pantalon. La seule différence qu’il y a par rapport à son amputation, c’est au niveau de l'embrayage. Comme sa jambe gauche a été amputée, il n’a pas de sensibilité dans son pied gauche pour embrayer et débrayer. Un capteur hyper sensible a donc été installé au niveau de l’embrayage. Si son pied vient toucher l’embrayage, un afficheur rouge s’affiche au niveau du dashboard. » Si les pilotes de Race2Recovery peuvent déjà se réjouir de faire le buzz sur le plateau, ils comptent bien continuer la belle aventure jusqu’à Santiago. Mais le chemin est encore long avant le 19 janvier…