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Dakar : Mais où sont les Français ?

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Le Dakar est une course française où nos représentants ont souvent brillé. Mais depuis quelques années, notamment depuis l’arrivée en Argentine, les performances semblent s’effriter. Explications.

Les pilotes sont toujours les mêmes, les têtes ne changent pas. Pourtant, les Français ont beaucoup plus de mal à s’imposer sur le Dakar ces dernières années. Une vraie nouveauté. « C’est la malchance, la mécanique, explique Cyril Despres. Ce n’est pas parce que l’épreuve est organisée par les Français que nous sommes avantagés. Il y a des années où ça sourit plus, d’autres où ça sourit moins. » Le pilote KTM, vainqueur en 2010, doit cette année se contenter de la deuxième place du classement moto, derrière l’Espagnol Marc Coma.

« Il y a une dizaine, d’années, le Dakar était encore très franco-français, souligne Christian Lavieille (team Dessoude), huitième du classement auto. Aujourd’hui, il s’est ouvert à tous les continents. Il y a des Argentins et des Américains, mais aussi des Chinois et des pilotes de pays de l’Est (sic). » Si l’organisateur (ASO) reste français, la délocalisation en Amérique du Sud a énormément changé la donne. Les Français, comme les Européens, se retrouvent un peu « noyés » dans la masse. Cette année marque d’ailleurs un record du nombre de participants sud-américains.

Il faut dire aussi que l’image des sports mécaniques est très mauvaise en France. Il est même de plus en plus difficile pour les équipes de trouver l’argent nécessaires à une participation au rallye. « L’Amérique attire peut-être moins, admet Stéphane Peterhansel (BMW), actuellement 4e du classement autos. C’est plus compliqué en logistique et pour trouver des sponsors européens. En Afrique, je ne vais pas dire que les Français sont un peu comme à la maison - ce n’est pas une expression qu’il faut utiliser - mais quand même (sic). Quand on va au Sénégal ou au Maroc, beaucoup de personnes parlent français. Et puis l’Afrique a toujours fait rêver les compétiteurs. »

« En Afrique, les Français sont comme à la maison »

En Argentine et au Chili, les pilotes tricolores comptent bien évidemment beaucoup moins de fans qu’en Afrique. D’autant plus qu’il y a quelques années, le Dakar partait de France. « C’était comme le Tour du France, se rappelle Christian Lavieille. Il y avait du monde jour et nuit sur le bord de la route, un engouement. Aujourd’hui, on ne peut plus rien faire. Un coup c’est les écolos, un autre c’est les Verts (sic)… Tout est compliqué. Mais si le Dakar partait de France demain, il y aurait 30 % de Français en plus. »

Le rallye en Amérique du Sud provoque par ailleurs un problème de communication avec l’Europe, à cause du décalage horaire. Pour un média européen, il est presque impossible de suivre la course. « Je en sais pas si la nationalité à quelque chose à voir, conclut Cyril Despres. C’est surtout l’envie du pilote qui est importante. » Celle des Français ne doit pas être à la hauteur.