RMC Sport

Le grand huit pour Loeb

Sébastien Loeb peut être tout sourire, il vient de remporter son 8e titre de champion du monde WRC

Sébastien Loeb peut être tout sourire, il vient de remporter son 8e titre de champion du monde WRC - -

Le Français a décroché son huitième titre de champion du monde des rallyes, vendredi au pays de Galles. Victime d'un incident moteur, son rival Mikko Hirvonen (Ford) ne repartira pas demain. Une consécration pour le pilote Citroën, qui s'impose à l'issue d'une saison acharnée.

Sébastien Loeb est un très grand. Sur les terres galloises, le Français vient de s’offrir sa huitième couronne d’affilée, vendredi lors de la deuxième journée du rallye de Grande-Bretagne. Un exploit, réalisé avant même la fin de cette ultime épreuve du calendrier, et qui le place parmi les plus grands champions dans l’histoire des sports mécaniques, devant la légende de la F1, Michael Schumacher (7 titres). Seul Valentino Rossi au panthéon du deux roues fait encore mieux (9). L’abandon de Mikko Hirvonen (Ford), son unique rival dans la lutte au titre avant cette balade galloise, après un ennui moteur (radiateur) sur l’ES7, a ouvert un boulevard à l’Alsacien qui compte 17’’ sur Jari-Matti Latvala (Ford) et près d’une minute sur Mads Ostberg (Ford). Un sacré coup dur pour le Finlandais, déjà malheureux face à Loeb lors du dernier acte de l’édition 2009, et qui avait pris les commandes de la course vendredi matin avant de devoir déchanter sur l’ES7. « C’était compliqué ce matin car le niveau d’adhérence changeait tout le temps. Je suis arrivé trop vite avant le virage. La voiture a fait un tête-à-queue et a tapé à l’avant contre une souche d’arbre. Le bois a traversé le radiateur. Il n’y avait pas de gros dommages mais nous avons perdu toute l’eau du radiateur. Nous avons continué durant cinq ou six kilomètres mais c’était terminé, raconte Hirvonen. Je dois remercier l’équipe pour tous les efforts consentis. Il faut se tourner vers l’avenir et voir ce que nous pourrons faire. » Le Finlandais n’a même pas pu rejoindre le parc d’assistance après son incident. Le moteur de sa Ford était trop endommagé pour continuer et garder une infime lueur d’espoir.

Il a dû venir à bout des attaques d’Hirvonen et… d’Ogier

Coup de chapeau à Loeb pour son sang-froid. Régulièrement attaqué tout au long de la saison par un Hirvonen, vainqueur en Finlande et en Australie, jamais contraint à l’abandon (au contraire du Français, zéro pointé en Australie et en Alsace), et impeccable de régularité, le Français a dû pour la première fois de sa carrière affronter la concurrence de l’intérieur. Sans comparaison avec le docile Dani Sordo, l’ancien second couteau de la marque aux chevrons, Sébastien Ogier, impatient d’en découdre, s’est imposé à cinq reprises (Portugal, Jordanie, Grèce, Allemagne et France), restant au contact pour le titre jusqu’à la mi-octobre et la manche catalane, avant-dernier acte du championnat. Forcé à l’abandon, le Gapençais a rendu les armes. Clap de fin pour Ogier qui n’aura pas manqué au passage d’engager le fer, par voie de presse interposée, avec son illustre rival. Le prolongement de contrat de Loeb chez Citroën, à la surprise générale, pour deux saisons supplémentaires (2013) aura fait pencher la balance en faveur du champion, la direction de Citroën demandant à Ogier de rouler solidaire. Vainqueur en Catalogne, il ne restait plus à Loeb qu’à rouler propre au pays de Galles. Ce qu’il a fait jeudi à Llandudno, bouclant les trois premières spéciales avec moins d’une seconde d’avance sur Hirvonen, alors qu’Ogier connaissait de nouveaux ennuis mécaniques. Bientôt imité par le Finlandais. Pour le plus grand bonheur de Sébastien Loeb.