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Les Andes mode d’emploi

Place au spectacle sur ce Dakar...

Place au spectacle sur ce Dakar... - -

A l’occasion de la 4e étape entre San Salvador de Jujuy et Calama, les concurrents du Dakar traversent ce mercredi la Cordillère des Andes pour rejoindre le Chili. Un passage féerique et périlleux qu’il faut savoir apprivoiser.

Les crampons et les piolets n’ont pas été prévus dans le package des concurrents de ce troisième Dakar sud-américain. Pas plus que les appareils photo. Même s’ils s’apprêtent à traverser la mythique Cordillère des Andes ce mercredi, les pilotes ne sont pas en Argentine et au Chili pour y faire du tourisme. La course quittera ainsi provisoirement l’Argentine direction le Chili via le Paso de Jama. L’ascension débutera en pleine nuit : 4h15 pour la première moto. Deux heures plus tard pour la première voiture. Une fois la frontière passée, les concurrents se trouveront à une altitude de 4 800 mètres. La hauteur du Mont-Blanc !

Un tel périple se prépare. Aussi bien pour les organismes que pour les véhicules. Car le mal aiguë des montages guette. « Pendant 200 à 300 kms, nous serons à plus de 4 500 mètres, témoignent Docteur Stéphane Launay, médecin sur le bivouac. Nous avons donc doublé les quantités d’oxygène dans les voitures médicales. » Le corps médical a également prévu des bouteilles d’oxygène dans les voitures de l’organisation et quatre caissons hyperbares pour rapatrier d’éventuels malades. Des ambulances sont également postées de chaque côté de la frontière avec du personnel adapté à l’altitude le cas échéant.

Attention au risque d’œdème pulmonaire

C’est la première fois que la course reste aussi longtemps et aussi haut dans le massif andin. Il faudra en effet y revenir le 12 janvier. A cette occasion, les concurrents peuvent s’attendre à un choc thermique. Après la fraîcheur montagnarde, la chaleur des dunes blanches de Fiambala. « Plus on reste haut longtemps, plus on risque d’attraper le mal aiguë des montagnes, poursuit le médecin. Les symptômes sont assez banals (nausées, vomissements, maux de tête), mais ça peut aller plus loin avec un œdème pulmonaire ou cérébral. L’organisation ou les concurrents sont venus nous voir pour se renseigner. On explique que la probabilité est faible, mais pas nulle. »

Les véhicules auront également à souffrir de ce double passage dans la Cordillère des Andes. « On connaît une chute de puissance d’environ 30%, explique André Dessoude, mécanicien et patron de l’équipe éponyme. Ce n’est pas une baisse brutale. Ça commence dès 1 000 mètres et ça augmente avec l’altitude. La voiture fume et manque d’air. Il faut donc adopter une conduite spéciale. Mais on ne peut rien faire. C’est mathématique. C’est la pression atmosphérique qui rentre dans le moteur. Si la pression baisse, on perd de la puissance. Cinquante à soixante chevaux. » Après seulement, le 13 janvier, il sera temps de lâcher les chevaux sur 600 kms dans ces paysages magnifiques aux airs de far-west. Mais pas le temps d’en profiter.

Pierrick Taisne avec Antoine Arlot en Argentine