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Loeb, dompteur de bosses

Loeb (à dr.) et Elena ont signé, en Finlande, leur 66e succès en WRC.

Loeb (à dr.) et Elena ont signé, en Finlande, leur 66e succès en WRC. - -

Vainqueur ce samedi en Finlande, le septuple champion du monde français est le premier non-Scandinave à s’imposer deux fois dans cette épreuve si particulière. De quoi conforter sa place de leader du classement. L’autre Sébastien de Citroën, Ogier, termine troisième derrière Latvala (Ford).

Il en restait peu mais cette fois, plus aucun doute. Sébastien Loeb et Sébastien Ogier ne passeront pas leurs vacances ensemble. Les deux pilotes français de Citroën, plus rivaux que coéquipiers, se livrent désormais une guéguerre sans merci au volant. Ogier calque sa stratégie sur les temps intermédiaires de Loeb pour obliger ce dernier à ouvrir la piste ? De bonne guerre. Mais Loeb n’a plus aucun scrupule, derrière, à se satisfaire (sans en rajouter non plus) d’une crevaison privant son jeune partenaire d’écurie de toute chance de victoire. Voilà, grosso modo, le résumé des aventures de « Seb-I » et « Seb-II » en Finlande.

« On a attaqué tout le temps, on a ouvert la route durant les trois jours et les autres pilotes faisaient des stratégies sur nos temps intermédiaires, donc cette victoire est une délivrance », indique Loeb. Une conclusion à la hauteur du talent du rallyman le plus titré de l’histoire. Car la deuxième victoire de Loeb en Finlande (la 66e de sa carrière en WRC et la quatrième de la saison 2011), après 2008, fait basculer l’Alsacien en terre inconnue. Il est désormais le seul non-Scandinave à avoir dompté à deux reprises – Carlos Sainz en 1990 et Didier Auriol en 1992 l’ont chacun fait une fois – les milliers de bosses qui font de ce rallye un rendez-vous à part du calendrier. Chapeau bas.

Sur la voie royale

En tête de l’épreuve dès l’ES2, avant de l’abandonner à Ogier après l’enchaînement ES9-ES10, puis de la récupérer au terme de l’ES11 pour ne plus la lâcher, Loeb s’impose avec 8,1 secondes d’avance sur le Finlandais Jari-Matti Lavlata (Ford) et 12’’8 sur Ogier. Citroën semblait pourtant filer vers un doublé logique et mérité. Mais une crevaison de Sébastien Oguer dans l’ES17, samedi en début d’après-midi, a offert sur un plateau la deuxième place à Latvala, qui l’a conquise au terme de l’ES18. Pas de quoi consoler un public peu ravi de ne pas voir un local s’imposer. Mais une petite cerise sur le gâteau de son centième départ en WRC.

Les fans finlandais ont d’ailleurs eu une double occasion de sourire ce samedi. Avec huit victoires sur les onze spéciales au programme, dont la Power Stage, Mikko Hirvonen (Ford) a terminé sa remontée folle à la quatrième place de l’épreuve malgré une coupure moteur dans un virage de l’ES1 qui l’avait relégué à la 28e place lors de la première journée. Un baroud d’honneur qui lui permet de conserver sa deuxième place au championnat, avec quatre points d’avance sur Ogier. Mais toujours 27 longueurs derrière un Loeb parti pour tuer le suspense. Avec trois rallyes sur asphalte sur les cinq dernières épreuves de la saison (Allemagne, Australie, Alsace, Espagne, Grande-Bretagne), « Seb-I » est lancé sur la voie royale d’un huitième titre mondial. « Seb-II » peut encore patienter car le boss, c’est bien l’autre.