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Loeb : « La page est tournée »

Sébastien Loeb et Daniel Elena

Sébastien Loeb et Daniel Elena - -

Nonuple champion du monde des rallyes (2004-2012), Sébastien Loeb a définitivement tiré sa révérence cette année à l’issue d’une tournée d’adieux de quatre courses. Place désormais à un nouveau défi dans le championnat du monde de tourisme.

Sébastien Loeb, vous avez disputé vos derniers rallyes cette saison. Cela va-t-il vous manquer ?

Arrêter le rallye, après la carrière que j’ai pu faire, n’a pas été une décision facile à prendre. On se dit qu’il va y avoir un vide. Avoir eu cette opportunité, avec Citroën, de s’engager dans un nouveau challenge comme le WTCC (le championnat du monde des voitures de tourisme, ndlr) m’aide beaucoup à avaler la pilule et à passer à autre chose. Honnêtement, aujourd’hui, ça ne me manque pas. Je regarde devant. Je suis motivé par cette nouvelle discipline. C’est vrai que j’ai vécu de grands moments en rallye. Les souvenirs restent. Les sensations qu’on éprouve dans une voiture de rallye, sur la terre à grande vitesse, c’est quelque chose qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. J’ai vécu des ambiances uniques, en Argentine, en France ou en Allemagne. Ça me manquera forcément un peu mais il y a de nouvelles choses excitantes à vivre et c’est l’essentiel.

Comment avez-vous vécu ce dernier rallye, sur vos terres alsaciennes, qui s'est achevé par une sortie de piste ?

Dans l’ensemble, je l’ai bien vécu. Ça ne s’est pas terminé exactement comme on l’espérait. En même temps, j’étais obligé d’attaquer. Je ne me voyais pas assurer pour finir quatrième et être sûr d’arriver à Strasbourg. Ce n’est pas dans mon tempérament. J’étais en mesure de me battre pour la victoire, j’ai attaqué et je suis sorti. C’est comme ça. J’étais forcément un peu déçu pour les gens qui m’attendaient au bord de la route et l’équipe qui misait sur moi. Mais voilà, c’est la fin de quelque chose et la page est tournée désormais. Maintenant, je me consacre à l’avenir.

Citroën ayant connu une année sportive difficile, avez-vous hésité à faire davantage que les quatre rallyes prévus au départ ?

Mon programme était déjà suffisamment chargé comme ça. Ma priorité était passée au circuit pour préparer au mieux l’année prochaine. Je n’avais plus le temps de faire du rallye. La motivation n’était plus forcément la même. Je n’arrivais pas préparé comme il le fallait. C’est passé cette année mais, quand on ne court plus, on perd forcément le rythme. Et vivre la course de derrière, ça ne m’intéresse pas.

Votre compatriote Sébastien Ogier vous a succédé au palmarès. Pensez-vous qu'il peut dominer le rallye de la même façon que vous ?

En tout cas, il est bien parti. Il n’a laissé aucune chance à ses adversaires cette saison. C’est dommage pour eux parce que je les ai embêtés pendant dix ans et maintenant, c’est lui. Je pense qu’ils ne sont pas tirés d’affaire. Il a fait une saison irréprochable (9 rallyes gagnés sur 14, ndlr). Volkswagen est arrivé avec une voiture au top. Il a bien mérité son titre et il est sur la bonne voie pour en gagner d’autres. Il peut en gagner huit, ça suffira (sourire).

« Je pars dans l'inconnu »

Votre année a également été marqué par ce record à Pikes Peak...

J’ai vécu des moments incroyables à Pikes Peak (une mythique course de côte dans le Colorado, ndlr). On a une voiture qui a les performances d’accélération d’une F1, l’appui aérodynamique d’une voiture des 24 Heures du Mans. Et tout ça sur une route de rallye, dans un paysage lunaire, avec des précipices sur les bords. Quand on monte à 4 000 mètres, à 6 heures du matin, dans une voiture de 850 chevaux, c’est une sensation qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. On se dit : « Mais je suis où là ? » C’était magique et en plus ça se termine au mieux puisqu’on explose le record (en 8'13"878, soit plus d’une minute trente de mieux que Rhys Millen en 2012, ndlr).

Vous êtes désormais entièrement tourné vers votre nouveau défi en WTCC. Comment cela se passe-t-il ?

Ça se passe plutôt bien pour l’instant. Le feeling est pas mal. Cette voiture est complètement différente que celles que j’ai conduites jusqu’à présent. Le fait d’être sur un circuit me change du rallye. Il y a plein de choses à apprendre. Le développement se passe plutôt bien. On n’a pas de bases de comparaison parce que la réglementation est nouvelle, donc tout le monde part d’une feuille blanche cette année. Le verdict de la performance de la voiture par rapport à la concurrence ne sera connu qu’à partir des premières courses en avril.

Dans quelques jours, le Dakar va s'élancer de Rosario, en Argentine. Vous verriez-vous en prendre le départ en 2015, peut-être avec Peugeot, qui va revenir ?

Il n’y a rien de fait avec personne. Je sais qu’on parle du Dakar avec moi. Aujourd’hui, ma priorité est le WTCC et de me donner les chances de le faire correctement. Je pars déjà dans l’inconnu, donc autant essayer de se consacrer à une seule chose. Pour l’instant, il n’y a pas de projet pour 2015 ou 2016, même si les choses peuvent changer.

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Propos recueillis par Antoine Arlot