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Loeb : « Si on veut être devant, il faut dégoupiller ! »

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A l’heure d’attaquer la première spéciale du rallye de Suède, le septuple champion du monde a hâte d’en découdre. Jamais rassasié, le pilote Citroën devra composer avec une nouvelle voiture et un rival Sébastien Ogier, toujours plus pressant.

Sébastien Loeb, vous abordez cette saison avec la nouvelle Citroën DS3 WRC. Quel est votre sentiment ?

Il faudra s’adapter à la voiture qui se conduit un peu différemment. Elle est plus courte, plus nerveuse, plus agile aussi. Dès qu’il y a un peu de hauteur de neige, on a des réactions assez brutales. Les pneus avec des clous plus courts que l’année dernière amènent des réactions parfois plus imprévisibles et violentes. On a hâte que ça commence, de rouler dans cette nouvelle voiture et de savoir comment ça se passe réellement en course.

On vous sait moins à l’aise sur neige que sur terre, d’ailleurs vous ne vous êtes imposé qu’une seule fois en Suède, c’était en 2004…

Peut-être qu’il ne faut pas trop d’expérience pour gagner ici ! Il y a de belles conditions cette année. Certaines spéciales étaient super avec de la belle glace. Ils prévoient de la neige, donc ça risque de se transformer dans des conditions que j’aime moins. Je suis beaucoup moins à l’aise dès qu’il y a une pellicule de neige sur la route, le grip est changeant. J’aime la glace vide, on peut se lâcher. Mais ça sera un beau rallye. Il y a de la glace, de la neige, des murs de neige, c’est un vrai rallye de Suède. Ce n’est pas comme certaines années où on est sur la terre, dans des rails… Et je me bats toujours pour la victoire !

Malgré le changement de voiture, allez-vous attaquer d’entrée ?

Je vais rouler comme je le sens, comme d’habitude. C’est le genre de rallye où si l’on veut être devant, il faut dégoupiller parce que ça roule toujours très vite. Il va falloir attaquer, mais pour ça, il faudra se sentir à l’aise dans la voiture.

« Pas de honte à se faire battre par un pilote comme Ogier »

Cette année, la rivalité avec votre coéquipier Sébastien Ogier devrait monter d’un cran...

En début de saison, il faut être devant, ça a toujours été la stratégie. J’ai toujours réussi à le faire par rapport à mes équipiers. Cette année, Ogier n’a pas forcément l’intention de jouer en deuxième pilote… Il a raison, il faut bien commencer à gagner un jour. A l’époque, quand j’étais avec Carlos (Sainz) et Colin (McRae) je n’avais pas envie d’être derrière non plus. Ça risque d’être plus difficile que ça ne l’a été.

Comment appréhendez-vous la possibilité d’être battu ?

Je sais que si je gagne, je ne fais pas d’exploit. Par contre si je perds, ça sera davantage remarqué. Quand Ogier m’a battu au Portugal, j’ai entendu les commentaires : « C’est la fin, je n’avance plus, c’est terminé… » Je sais ce qui m’attend le jour où ça arrivera. A l’époque c’était peut-être plus gênant parce qu’Ogier était le nouveau qui arrivait. Aujourd’hui il est l’un des favoris pour le championnat. Il n’y a pas de honte à se faire battre par un pilote comme lui de temps en temps.