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Loeb sur le volcan grec

Loeb, ici en 2009 avec la C4, tentera de contester la suprématie des Ford en Grèce

Loeb, ici en 2009 avec la C4, tentera de contester la suprématie des Ford en Grèce - -

Le Français et la meute lancée à ses trousses arrivent ce week-end en Grèce, pour la 7e manche du Championnat WRC, alors que le pays est rudement secoué par des manifestations contre la politique économique du gouvernement Papandréou.

« On est un peu inquiet, mais on nous a dit que tout se passera bien, alors on se concentre sur ce qu’on a à faire… » Sébastien Loeb et le paddock du Championnat WRC débarquent ce week-end en Grèce alors que le pays était encore paralysé ce jeudi par une grève générale, et qu’Athènes était le point de ralliement de 40 000 manifestants. C’est dans cette atmosphère de contestation populaire au plan d’austérité du gouvernement socialiste de Georges Papandréou, que les pilotes vont prendre part à la 7e manche du Championnat.
Le rallye de l’Acropole ne réussit traditionnellement pas à Citroën, Ford comptant sept victoires en dix éditions. Du coup, cette année encore, Loeb (vainqueur en 2005 et 2008) abordera l’épreuve avec des ambitions mesurées. « C’est un rallye très cassant, avec beaucoup de pierres. Il va falloir gérer, accepter d’être défensif sur certaines portions, et d’attaquer sur d’autres. » Le Finlandais de chez Ford, Jari-Matti Latvala, 4e du Championnat, prédit que « le vainqueur sera le pilote le plus intelligent, pas forcément le plus rapide. »
Absent au programme en 2010, le rallye de l’Acropole a quitté Lamia, à 250 km au nord d’Athènes, berceau du WRC en Grèce, pour Loutraki, petite ville thermale à l’ouest de la capitale, faisant face à l’Italie. Un « déménagement » dû à la valse des sponsors qui a touché l’épreuve ces dernières années. Le retrait de BP a la fin des années 2000 a porté un coup fatal au rallye de Grèce, privé d’exposition et sanctionné par la FIA d’un retrait du calendrier en 2010. Sans les efforts du Casino de Loutraki et l’arrivée de Celeritas, l’entreprise locale propriétaire des droits commerciaux, l’étape grecque n’existerait plus.

Le public devrait bouder l’épreuve

Les voitures ont débarqué au port de Patras en provenance d’Ancône, en Italie, après avoir traversé l’Adriatique. Mais si l’organisation parait préservée, le public grec, qui n’a rien à voir avec son homologue portugais ou argentin question engouement pour le WRC, pourrait se montrer discret sur les bords des routes. « Le gouvernement a augmenté les taxes et le litre d’essence est passé à 1,70 euro, explique Panos Diamantis, journaliste couvrant les sports mécaniques au quotidien sportif Exedra. Les transports sont devenus très chers, et les Athéniens prennent beaucoup moins leur voiture. » La pluie, qui s’est invitée mercredi, pourrait aussi refroidir le public. C’est dans ce contexte très particulier que Loeb tentera de contester la suprématie des Ford en Grèce.

Louis Chenaille (avec E.B.)