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Loeb, un business florissant

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En route vers un septième titre d’affilée, Sébastien Loeb jouit d’une énorme notoriété auprès des Français. Et le pilote alsacien sait parfaitement en tirer profit.

Semaine après semaine, Sébastien Loeb empile les victoires et glane tous les records au volant de sa Citroën C4. Ce week-end, il s’est imposé pour la huitième fois d’affilée sur l’asphalte allemand. Un succès qui lui ouvre une voie royale vers un septième titre mondial consécutif. Du jamais vu.

Alors forcément, le public se passionne pour cet extraterrestre du volant. Cette année, il pointe au deuxième rang des sportifs préférés des Français (derrière Sébastien Chabal) devant les footballeurs, handballeurs et autres tennismen. Une notoriété qu’il accueille avec un sourire et une simplicité déconcertante. « C’est ce qui fait sa grande force, assure Xavier Duchemin, directeur de la communication chez Citroën. Les gens peuvent l’approcher, discuter avec lui. On n’a pas l’habitude de voir des champions aussi disponibles. »

Le constructeur automobile peut se frotter les mains. Avec Loeb, il a décroché le jackpot. Et il sait en tirer profit. « On l’a fortement utilisé dans nos campagnes de publicité, glisse Duchemin. Sur les dix-huit derniers mois, on a fait trois films promotionnels différents avec lui ! » Après son sixième titre, la marque a même imaginé un slogan « I Loeb Citroën » sur le modèle d’« I love New York ». Une initiative déclinée en produits dérivés qui a fait un tabac. Mais les apparitions de Loeb ne se limitent pas à la sphère de son employeur. Conscient de son potentiel de séduction, l’Alsacien multiplie les partenariats. Total, Red Bull, Pirelli, Playstation… sa combinaison et son casque regorgent d’autocollants. En dehors des rallyes, il est également ambassadeur pour Oakley (qui a personnalisé un modèle de lunettes à son effigie) et Mennen. Il a aussi prêté son image à des spots publicitaires pour Allianz, Eléphant Bleu ou Carola.

8,5 millions d’euros en 2009

Une suractivité payante. En 2009, Loeb a empoché environ 8,5 millions d’euros (dont 4 millions hors salaire). Un pactole qui le place en quatrième position au classement des sportifs français les mieux rémunérés derrière Thierry Henry, Tony Parker et Karim Benzema. Malgré cette surexposition, ses sponsors en redemandent. Loeb est inondé de propositions. De nombreux anonymes l’invitent même à leur mariage ou à leur anniversaire. « On pourrait manger tous les jours hors de la maison », plaisantait récemment sa femme, Séverine, qui l’aide à faire le tri parmi toutes ces sollicitations.

Car en dehors de quelques avocats qui le conseillent ponctuellement, Loeb gère son business en famille. Simplement. A son image. Deux mois après le fiasco des footballeurs en Afrique du Sud, il incarne une autre idée de la France qui gagne. A des années lumières des stars du ballon rond. « Par rapport à des marques qui ont signé avec Nicolas Anelka ou Thierry Henry, c’est sûr qu’on est bien loti, sourit Philippe Joyeux, chef de produit chez Mennen. On met beaucoup l’accent sur l’efficacité de nos produits. Et avec lui, on n’est pas déçus. »

D’un naturel discret, Loeb faire fructifier ses exploits sans jamais s’étendre sur le sujet. Sous le regard admiratif de ses pairs, loin des strass et des paillettes. Une méthode gagnante qui détonne dans le monde du sport français.

Alexandre Jaquin