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Loeb : « Un nouveau challenge qui me plaît »

Sébastien Loeb

Sébastien Loeb - -

Sébastien Loeb (Citroën), qui a déjà annoncé son retrait partiel des pistes l’an prochain, était l’invité du Moscato Show ce vendredi sur RMC pour évoquer ses projets pour la saison à venir. En toute sérénité.

Sébastien, avez-vous célébré votre 9e titre de champion du monde ce vendredi au Mondial de l’Auto ?

Déjà, sur le rallye d’Alsace, on a eu l’occasion de voir beaucoup, beaucoup de monde. Il y avait une ambiance de folie, avec des supporters partout. C’était incroyable. On a un programme assez chargé, donc je n’ai pas encore eu trop le temps de voir le public, mais je pense effectivement qu’on va voir passer pas mal de monde.

Justement, vous avez été sacré sur vos terres, en Alsace. C’est quelque chose de particulier pour vous ?

On n’aurait pas pu mieux écrire l’histoire. On a eu la chance de pouvoir le faire comme ça en 2010. L’occasion s’est représentée cette année, pour moi c’est rêvé. On passe toute l’année sur les routes du monde à se battre pour un championnat et puis on arrive à la maison, on concrétise, on gagne la course, le championnat, c’est vraiment parfait.

C’est le plus usant, de ne jamais être chez soi ?

C’est vrai qu’on a des déplacements souvent longs, mais d’un autre côté c’est un rythme de vie et on s’y habitue. Mais ça fait 9 ans, c’est répétitif, on fait toujours les mêmes rallyes, c’est tout le temps pareil. Je me dis aussi : « Est-ce que j’ai encore quelque chose à prouver ou pas ? » C’est surtout ça qui me donne envie de passer à autre chose…

Ça fait surtout beaucoup de temps avec votre copilote, Daniel Elena...

C’est vrai qu’il faut le supporter celui-là…

Et pour l’année prochaine, votre programme est-il déjà défini ?

Je sais qu’on va faire le rallye de Monte-Carlo, qui est la première course du championnat. Après je ne sais pas, ça se discute entre Citroën et moi. Le rallye de France tient la corde aussi, c’est un rallye qui me plaît beaucoup et pour la marque, c’est intéressant. Entre ces deux-là, rien n’est décidé. A côté de ça, je vais préparer l’avenir. La retraite, c’est en fait une semi-retraite. L’idée, c’est de rebondir avec Citroën en championnat du monde des voitures de tourisme, le WTCC, en 2014. Donc il y aura tout un travail de préparation avec des courses en circuit pour prendre l’expérience et du développement en plus, donc beaucoup de choses à faire en 2013.

Mais au final, arrêter sa carrière sans vraiment l’arrêter, c’est comme faire un régime en passant de temps en temps chez le pâtissier. Vous n’avez pas peur de « replonger » ?

C’est aussi pour ça que j’ai envie de faire autre chose. Le circuit, c’est quelque chose qui m’a toujours attiré. C’est très différent, mais c’est un nouveau challenge qui me plaît. Ça permet de regarder devant et d’avancer. Revenir en rallye, je ne dis pas que je ne le ferai jamais. Il y en a plein d’autres qui sont revenus. Mais je pense que c’est très difficile de revenir quand on a perdu le rythme. Si je veux faire du rallye, le mieux, c’est de continuer tout de suite et ce n’est pas du tout l’objectif.

Votre biographe, Sébastien Keller, a déclaré que ça ne l’étonnerait pas que Citroën vous pousse à faire plus de trois ou quatre courses l’an prochain…

Il dit ce qu’il pense, mais honnêtement, on n’en est pas là. Si le programme se concrétise pour 2014, entre quatre courses en rallye, les courses en circuit plus le développement, on aura déjà une saison bien chargée. Si c’est vrai, il sait plus de choses que moi…

Un petit pronostic sur votre successeur en championnat du monde ?

C’est difficile à dire. Hirvonen a souvent fini deuxième ces dernières années, donc on pourrait penser que ce sera lui. Mais il y a aussi Latvala et Ogier. Ça peut être une belle bagarre entre les trois.

Il y aura un petit pincement au cœur pour vous ?

Honnêtement, non. C’est une page qui se tourne mais il faut bien prendre la décision un jour.