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Ogier : "Je paye peut-être les pots cassés de Loeb"

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Sébastien Ogier a décroché son deuxième titre de champion du monde consécutif en s’imposant ce dimanche lors du rallye de Catalogne. Un sacre que le Français de Volkswagen savoure avec un large sourire. En attendant le changement de règlement qui devrait bouleverser le paysage du WRC la saison prochaine.

Sébastien Ogier, que ressentez-vous après votre deuxième titre de champion du monde consécutif ?

Plein de joie. Ça a été vraiment la délivrance. Le week-end a été long. On a attaqué très fort le premier jour, on a fait la différence. Mais ensuite, il a fallu rester concentré et résister au retour de Latvala, qui attaquait très fort. On a géré parfaitement les parties piégeuses. On s’est permis de perdre quelques secondes. Mais à la fin, c’est suffisant pour rester en tête et gagner un nouveau championnat. On est super heureux.

Le fait de l’avoir décroché avec la manière doit également vous ravir…

Ça fait du bien. Globalement, c’est quand même le reflet de la saison. On fait une excellente saison avec Julien. On a eu un gros accroc en Allemagne. En France, on a un peu joué de malchance. Mais à part ça, on mérite ce titre sur l’ensemble de la saison. C’est bien de l’avoir ici, avant la dernière course. Et avec la manière, c’est la cerise sur le gâteau. Vous a semblé très ému à la fin de votre course.

L’émotion était-elle est plus forte que lors de votre premier sacre ?

C’est presque un poil plus fort sur le moment. Le premier est arrivé dans des conditions bizarres, en début de rallye, après la Power Stage. Celui-là arrive à la fin d’un rallye, avec une victoire à nouveau. On était quand même sous pression avec les points perdus bêtement en France. La pression était là, il fallait résister.

Ce titre a une saveur d’autant plus particulière que la saison prochaine le règlement va bouleverser les habitudes du WRC…

C’est sûr. Pour l’instant, je vais déjà célébrer celui-là, l’apprécier. Parce qu’une fois de plus, il a fallu s’investir énormément pour aller le chercher, ça ne tombe pas tout seul. Après, il faut peut-être se dire qu’on a eu le dernier titre sportif, on va dire. L’année prochaine, on part plus dans une grande loterie !

Pensez-vous que la FIA tente de vous mettre des bâtons dans les roues ?

Je paye peut-être les pots cassés de Seb Loeb qui a dominé pendant trop longtemps. Ils ne veulent pas retomber dans une dominance qui, pour eux, est négative. Mais je ne connais pas beaucoup de sports dans le monde où on empêche les meilleurs de gagner... Là, avec une règle, où le leader du championnat devra partir le premier sur la route deux jours sur trois, ça va créer un handicap très important, voire insurmontable sur certaines épreuves. Ça va trop loin. J’ai été un peu frustré de voir que la FIA envisageait ces règles-là. C’est très pénalisant d’être premier sur la route. En tant que double-champion du monde en titre, je me sens le plus visé par cette règle.

Avez-vous pensé à tout plaquer en apprenant ces nouvelles règles ?

Il y a eu des moments, quand j’étais au plus bas, où j’ai effectivement remis en question mon avenir. J’ai pris le temps de réfléchir et je pense que je suis encore trop jeune pour arrêter aujourd’hui. On va se battre, quoi qu’il arrive, peu importe les règles, pour continuer à gagner.

Antoine Arlot