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Batum : « Ça va se jouer sur la hargne »

Nicolas Batum face à Marc Gasol

Nicolas Batum face à Marc Gasol - -

Après huit défaites consécutives, Nicolas Batum et l’équipe de France veulent enfin vaincre l’Espagne ce vendredi soir (21h) en demi-finales de l’Euro. L’arrière tricolore n’a pas besoin de chercher très loin une source de motivation.

Nicolas Batum, l'équipe de France a accroché l'Espagne à deux reprises cet été, en matches de préparation (76-85, 84-85). Cela a-t-il renforcé votre envie de les battre ?

On a envie de les battre, enfin. Là, c’est sur une belle scène, en demi-finales de championnat d’Europe. Donc pourquoi pas. Mais on ne va pas non plus essayer de faire des trucs extraordinaires pour les battre, se mettre beaucoup de pression. On va faire le match qu’on doit faire, essayer de défendre à fond et tout faire pour gagner.

Pourquoi l'issue peut-elle être différente ?

On a quand même beaucoup appris sur les dernières confrontations. En 2009, on en prend 25 (66-86 en réalité, en quarts de finale de l’Euro, ndlr). En 2011, on en prend 10-15 (85-98 en finale de l’Euro). Et l’année dernière, on a le match en main pendant 38 minutes (59-66 en quarts de finale des Jeux Olympiques). Ça se rapproche petit à petit. On est tout près de les battre. On sait qu’il manque des joueurs de leur côté (Pau Gasol, Navarro, Ibaka…), comme de notre côté (Noah, Séraphin, Turiaf…). Ça va être un beau match. On sait qu’on a les cartes en main pour les faire déjouer. Ce sera à nous de faire une bonne partie pendant 40 minutes, d’essayer de défendre très dur, de jouer ensemble en attaque et de créer l’exploit.

Est-ce excitant comme match ?

Oui, bien sûr que c’est excitant. On joue et on vit pour des moments comme ça. On voulait les rejouer, de toute façon. Soit au bout, soit sur notre route. C’est à nous de faire un gros truc, de les sortir et de ses qualifier pour la finale. Je pense que c’est l’heure. J’espère. Comme Tony (Parker) me l’a encore dit, les dieux du basket ne peuvent pas être aussi cruels d’année en année. On a tellement galéré pour être là. On a battu le pays hôte. Ça devrait être notre tour. On fera tout pour.

Connaissez-vous désormais par cœur cette équipe d'Espagne ?

Je crois que c’est l’équipe qu’on connaît le mieux maintenant. Ce sont les mêmes joueurs. On se rencontre tous les ans. On se connaît par cœur. On est peut-être les deux meilleures équipes d’Europe ces dernières années. Avec les meilleurs effectifs et les plus grandes ambitions. C’est toujours un beau match.

Avez-vous été impressionné par le carton de l'Espagne face à la Serbie en quarts (90-60) ?

Je pense que c’est plus la Serbie qui a explosé, qui n’était pas prête, que l’Espagne qui a fait un grand match. Enfin, attention, l’Espagne a fait un gros match. Ils ont été très, très bons. Mais je pense que la Serbie n’était pas prête, avec beaucoup de jeunes joueurs, des joueurs qui n’étaient pas là auparavant. Ils ont été surpris. C’est ce qu’on a connu il y a quatre ans. On avait fait un gros premier tour et « bim », on avait pris ça dans la tête. On est déjà passé par là. Ça ne va pas être le même match.

Qui sont les favoris de ce match ?

Eux. Ils sont les champions d’Europe en titre, les vice-champions olympiques en titre. Ce sont eux les favoris.

Est-ce une manière de leur mettre la pression ?

Pas vraiment. C’est la réalité, ils le savent. On le sait. Pour eux, dans leurs têtes, ils vont nous battre. Ça va se jouer sur qui en a le plus envie. Ça va se jouer sur la hargne.

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Propos recueillis par François Giuseppi à Ljubljana