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Euro : L’exploit magnifique des Bleus

Les Bleus victorieux

Les Bleus victorieux - -

Dépassée à la mi-temps, l’équipe de France a pu compter sur un Tony Parker royal et de belles ressources mentales pour battre l’Espagne en prolongations (75-72). Les Bleus joueront le titre contre la Lituanie dimanche (21h).

Que le sport peut être beau, stressant, cruel, magnifique. Le tout sur un même match. Les France-Espagne du passé avaient beau nous avoir déjà apportés leur lot d’émotions, les fans de basket ne sont pas près d’oublier l’intensité suffocante de la dernière mouture en date, une demi-finale de l’Euro 2013 déjà dans la légende. Et cette fois, ils l’ont fait. Il n’y aura pas de neuvième défaite de suite. L’équipe de France a battu l’Espagne (75-72), sa bête noire, et s’offre une finale face à la Lituanie, dimanche (21h), leur deuxième de suite, avec la possibilité de remporter le premier titre de champion d’Europe de l’histoire du basket français.

Génial. Superbe. Tellement mérité, aussi, après les désillusions de 2009, 2011 ou 2012. On a pourtant longtemps cru que l’exploit serait impossible. La faute à une première période où seul le général Parker a tenu son rang. Et la baraque. A l’heure de rentrer aux vestiaires, les chiffres racontaient un naufrage : +14 (34-20) au tableau d’affichage, 10 à 3 pour l’Espagne sur les passes décisives, 11 balles perdues, 0/8 à trois points. Sans oublier ce terrible 0/1 aux lancers francs. Collectif au point mort, rigueur oubliée, réussite en berne, agressivité absente : rien n’allait. Sauf « TP », bien sûr. Magistral, le meneur de jeu des San Antonio Spurs (32 points, 6 rebonds) signait 14 des 20 points tricolores lors des deux premiers quart-temps. Ou comment porter la maison France sur ses épaules. Au point de pousser un gros coup de gueule dans les vestiaires.

« TP » à trois points, aux lancers, en pénétration... « TP » partout !

Et le réveil des Français sera terrible. Piqués à l’orgueil, les joueurs de Vincent Collet allaient afficher de belles ressources mentales pour revenir dans le match. L’adresse à trois points revenait peu à peu. Antoine Diot prenait feu avec deux missiles, « TP » en rajoutait, Gelabale aussi et l’écart fondait peu à peu : -6 (39-31), -3 (44-41) puis -1 (49-48) dès l’entame du dernier quart-temps. Le scénario devenait dingue, l’ambiance étouffante et le camp français pouvait se mettre à rêver. Mais l’Espagne en remettait une couche pour recréer un écart (58-51). La partie de yo-yo se poursuivait et les Bleus faisaient parler la poudre derrière l’arc avec Flo Piétrus puis Nicolas Batum, son seul panier d’un match très décevant vu son talent (3 points, 2 passes décisives).

Une pénétration de l’inévitable Parker remettait les deux camps à égalité (61-61). Puis le tir longue distance qui plaçait la France en tête (64-63). Incroyable. Les joueurs tricolores allaient-ils pouvoir conclure l’exploit ? « TP » était contré sur la dernière action tricolore du temps réglementaire. A 65-65, le match partait pour une prolongation où les nerfs allaient parler. Et c’est quatre lancers francs d'un Parker pourtant exténué, plus deux de Diot, qui scellaient cet exploit XXL. L’équipe de France a battu l’Espagne dans une grande compétition. Que le sport peut être beau. Tout court. « Les grands champions, c’est les gens qui se montrent dans les moments importants, s'enthousiasme Florent Piétrus. Il faut souligner notre effort défensif. Les mots de Vincent (Collet, ndlr) à la mi-temps nous ont fait du bien. On est vraiment content. C’est une victoire méritée. Il faut aller chercher l’or ! On ne peut pas lâcher cette médaille après tout ce qu’on a fait. » Et le capitaine Boris Diaw de faire exploser sa joie : « On est vraiment fier d’avoir fait ce qu’on a fait. On n’a pas fait un très bon match dans l’ensemble mais on le gagne. On l’a fait avec le cœur, avec la défense. On a su répondre à l’agressivité en deuxième, ce qui nous a permis de revenir petit à petit. » Jusqu'à l'extase.

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Alexandre Herbinet avec F.Gi. à Ljubljana