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Monclar : « Une Parker-dépendance ? Bien sûr ! »

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Invité des Grandes Gueules du Sport sur RMC, Jacques Monclar a évoqué la valeur des basketteurs français, qualifiés pour les quarts de l’Euro. Et répondu à une question : l’équipe de France dépend-elle trop de Tony Parker ?

Le grand public ne le réalise pas toujours. Mais les chiffres le confirment : la France est bien le pays le plus représenté en NBA derrière les Etats-Unis. Un contingent de joueurs évoluant dans le meilleur championnat au monde qui, aux yeux des profanes, fait forcément des Bleus les grands favoris d’une compétition comme l’Euro. Le parcours de l’équipe de France, qualifiée pour les quarts après sa victoire sur la Lettonie, n’est pourtant pas un long fleuve tranquille depuis le début de la compétition. Alors, surcotés, nos basketteurs ? Certains mais pas tous, répond Jacques Monclar.

Invité des Grandes Gueules du Sport, le membre de la Dream Team RMC Sport a mis les pieds dans le plat : « Le label NBA n’est pas un passeport pour être dominant en équipe nationale. Je dirais même que certains joueurs français en NBA ne seraient pas sûrs non plus de dominer en Euroligue. On a trois véritables stars dans cette équipe, Tony Parker, Nicolas Batum et Boris Diaw, qui jouent beaucoup là-bas. Mais sur l’ensemble de notre contingent NBA, il n’y en a que 5-6 qui jouent vraiment et le reste est un peu surcoté par le label NBA, il faut le reconnaître. Nos joueurs partent souvent trop vite là-bas. Mais il faut se mettre à la place d’un gamin de 19-20 ans à qui on garantit entre 1 et 2 millions de dollars pendant quatre ans. Il ne va pas au bout de sa culture basket mais son compte en banque y gagne. Et puis il ne faut pas oublier le rêve américain avec l’aura de la NBA, le meilleur championnat au monde. »

« Quand on a un tel joueur, on met l'équipe à son service »

Un tel constat en appelle un autre. Pour rêver au titre, les Bleus vont devoir compter sur des leaders au sommet. Et la question de se poser : l’équipe de France est-elle trop dépendante de son général en chef du jeu, Tony Parker, dont le talent a déjà permis de se sortir de quelques mauvaises situations ces derniers jours ? « Tony est l’un des meilleurs joueurs au monde, juge Monclar. Quand on est coach d’un tel joueur, on met son équipe à son service. Même quand on domine contre la Lettonie, c’est Tony qui finit l’affaire en fin de match même s’il n’a pas été le plus brillant avant. C’est le boss. Et c’est la qualité collective d’une équipe de se mettre au service de son meilleur joueur. On est cinq sur un terrain mais quand tu as un mec fort, tu t’en sers. »

Notre consultant poursuit : « J’ai eu 200 sélections en équipe de France mais il m’est arrivé de me mettre aux ordres d’autres joueurs et de leur filer la balle car je savais qu’ils allaient nous faire gagner. C’est aussi un art de savoir faire ça quand il le faut. Alors est-ce qu’il y a une Parker-dépendance ? Bien sûr. C’est un génie ! Mais il n’y a pas que lui. Parce que tu ne gagnes pas tout seul, même dans le sport collectif où on est le moins sur le terrain. Tu ne gagnes pas qu’avec Tony. Il y a des rôles dans ce jeu, de la défense, du rebond. »

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Jacques Monclar