RMC Sport

Nanterre à un souffle de l’exploit

Trent Meacham

Trent Meacham - -

Auteur d’un début de match canon mais moins précis en seconde période, Nanterre s’est incliné d’une rien face au CSKA Moscou (59-62). Les champions de France ont confirmé qu’ils avaient le niveau pour évoluer en Euroligue.

On pouvait s’attendre à une claque. A une sévère déculottée. A une sorte d’exécution en règle de la JSF Nanterre pour le premier match d’Euroligue de son histoire, ce jeudi face au CSKA Moscou. Mais si on dit des premières fois qu’elles sont rarement bonnes, on ne pourra pas parler de raté pour les Nanterriens. Car les Petits Poucets de la compétition du plateau européen, déjà poils à gratter la saison dernière en ProA, ont fait mieux que résister. Ils ont littéralement fait suer les Russes. Et si victoire il n’y a pas eu (59-62) pour les protégés de Pascal Donnadieu, le message envoyé est clair : il faudra compter sur le champion de France de titre dans ce groupe A d’Euroligue.

Quelques heures avant la rencontre, le guide de Nanterre avait fait référence à David et Goliath pour illustrer le monde séparant sa JSF du CSKA Moscou. Jeudi soir, dans une Halle Carpentier surchauffé, le fossé n’était pas vraiment évident. A défaut de pierres autour d’une fronde, comme le héros de la légende, c’est avec beaucoup de cœur et d’enthousiasme que les Nanterriens ont fait trembler jusqu’au bout le géant russe. Une envie débordante récompensée par un premier quart temps rondement dominé (21-11) Suivi d’une deuxième levée du même acabit (35-28). Le tout grâce à un Will Daniels en fusion. Poison permanent pour la défense moscovite dans la raquette, l’ailier américain a été, avec 18 points, le grand artisan du presque exploit nanterrien.

Moins lucides en seconde période

La suite sera moins rose pour Daniels and co. Parce qu’Ettore Messina, front en sueur, regard un peu hébété à l’issue des deux premiers quart temps, saura remobiliser ses hommes. Que les stars du CSKA se mettront en action, enfin, sous l’impulsion de Sonny Weems, infligeant un sévère 10-0 au cœur du troisième acte (remporté 13-22 par les Russes !) aux protégés de Pascal Donnadieu. Johan Passave-Ducteil avait parlé d’un possible « malentendu », d’une perte soudaine d’adresse de la part du CSKA pour espérer l’emporter. Mais ce sont les Nanterriens qui se sont retrouvés en panne dans les deux derniers quart-temps, en souffrance à l’intérieur et beaucoup moins précis dans le dernier geste.

C’est avant tout grâce à leur détermination et leur cœur que les Nanterriens ont failli signer leur premier grand coup sur la scène européenne. Imprécis en seconde période, malheureux sur les shoots à longue distance en seconde période et en grosses difficultés face au jeu intérieur russe, les pensionnaires de la Halle Carpentier n’avaient plus les gaz ni la lucidité pour aller chercher cet exploit qui leur tendait toujours les bras en toute fin de match. 59-62, trois petits points de retard face à un des favoris de la compétition : Nanterre n’a vraiment pas à rougir. Il se sera hissé au niveau de l’événement, aura encore épaté son monde et, mine de rien, lancé un semblant de message : le Petit Poucet du groupe A vendra chèrement sa peau. Messieurs de Barcelone, Fenerbahçe, Partizan Belgrade et Budivelnik Kiev, vous êtes prévenus…

A lire aussi

Nanterre-CSKA Moscou : le choc des mondes

Monclar : « Nanterre a tout à gagner en Euroligue »

L'actu de l'Euroligue

La rédaction