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Marquis, de retour des paniers perses

Claude Marquis

Claude Marquis - -

Formé à Cholet, le Guyanais avait quitté les Mauges pour l’Iran l’hiver dernier. Une destination singulière pour un joueur international. Alors qu’il vient de revenir en France, à Pau, il a accepté pour RMC Sport de faire le point sur son étonnante expérience à Qom et Mahshahr.

Au rayon des zones géographiques qui se passionnent pour le basket, l’Iran ne vient pas en tête de liste pour les profanes. La Chine, qui a accueilli quelques pensionnaires de NBA pendant le lock-out, ou l’Australie garantissent une meilleure exposition aux joueurs désireux de poser leurs valises ailleurs qu’en Amérique du Nord ou en Europe. Mais sur la carte de la balle orange, la place de l’Iran grandit. Et l’une des nations les plus fortes d’Asie entrouvre ses portes. Si Hamed Haddadi a rejoint la NBA (Memphis Grizzlies), certains Américains ont fait le chemin inverse et découvert la Perse. Un Français, Claude Marquis (31 ans), en revient à peine. Il vient de signer à l’Elan Béarnais.

Né à Cayenne, en Guyane, il a quitté son club formateur de Cholet au début de l’année pour rejoindre l’Iran et jouer à Qom, ville sainte pour le Chiites, puis à Mahshahr, au bord du Golfe Persique. « C’est un pays fermé, à cause de l’Etat, reconnait l’international français (36 sélections). Mais c’est un pays que j’apprécie. J’ai beaucoup d’amis là-bas. On va dire qu’ils ont du chiffre (de l’argent, ndlr) mais il y a une culture basket. J’ai suivi les traces de Makan Dioumassi (62 sélections avec les Bleus, passé par Téhéran). C’est lui qui m’a aiguillé. C’est sûr que ce n’est la vie européenne. Quand on va là-bas, ce n’est que pour le basket. » Hors des parquets, « il faut être un aventurier » explique-t-il.

« Toutes les personnes autour de moi étaient des mollahs »

« Tout est crypté, que ce soit le téléphone ou internet, ajoute-t-il. Un coup le téléphone fonctionne, un autre coup non. Le seul moyen pour garder le lien, c’était l’application « What’s up » sur IPhone. Mais je n’ai jamais senti ma vie en danger là-bas. » Et « là-bas », il s’est converti à l’Islam. « Ma sœur est musulmane, confie-t-il. Je suis devenu musulman plus tôt que prévu parce que je suis tombé dans la ville de Qom. C’est la ville la plus religieuse en Iran. Ils sont extrémistes là-bas. Toutes les personnes autour de moi étaient des mollahs, même à l’école, quand j’allais suivre des cours de persan. Au fur et à mesure, ça m’a imprégné et je me suis intégré plus vite. »

Après avoir eu du mal à l’approcher, à le contacter, Pau-Orthez a fini par le rapatrier. Pour combien de temps ? « Ça ne fait que quelques jours que je suis ici, glisse Claude Marquis. Mais quand je suis revenu au mois de juin en France, que j’ai passé l’été en France, c’est vrai que l’Iran m’a manqué. Pour le moment, je suis à Pau. Mais c’est sûr que j’y retournerai l’été prochain. » Il a six mois pour refaire son stock de t-shirts. « En partant, j’ai tout donné aux jeunes ! » A son arrivée au Palais des Sports de Pau, en début de semaine, c’est le logo du club de Qom qu’il arborait. Le signe extérieur d’une expérience indélébile dans sa carrière. Et sa vie personnelle.