RMC Sport

Parker : « On ne va pas dépenser dans tous les sens »

-

- - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Cinq ans après son premier investissement dans le club, Tony Parker est devenu actionnaire majoritaire et président de l’ASVEL. Le meneur français des San Antonio Spurs a expliqué son projet dans le TP Show sur RMC.

Président de l'ASVEL cinq ans après son arrivée au club

« Quand j’avais commencé à avoir ce rêve de gérer un club, j’avais fait des recherches pendant deux ans et décidé de m’investir à l’ASVEL. J’ai commencé une aventure là-bas (il y était actionnaire et vice-président chargé des opérations basket, ndlr), à y mettre mes camps de basket, ma fondation. J’ai aussi joué là-bas pendant le lockout NBA (début de saison 2011-2012, ndlr). C’était génial. J’avais vécu des moments inoubliables. Les gens étaient incroyables, même à l’extérieur j’avais l’impression de jouer à domicile. Ça m’a conforté dans ma volonté d’investir ici. Et puis j’avais vécu des bons moments à Lyon. J’y ai beaucoup d’amis désormais et je suis content de poursuivre l’aventure. Depuis 2009, tout le monde disait que c’était mon club mais ce n’était pas le cas. Les trois premières années, j’étais là en tant que conseiller mais je ne prenais aucune décision. Depuis deux ans, je décide du côté sportif. Et j’ai pris cette décision de devenir président pour faire avancer tous les projets, celui de la salle, l’académie. Désormais, on peut vraiment dire que c’est mon club. Pourquoi devenir président maintenant et pas en fin de carrière ? Je suis ambitieux et pas très patient. J’avais envie de faire accélérer le projet et je me suis dit qu’en étant président, ce serait beaucoup plus facile pour faire avancer les choses. »

TP président de club, une pression supplémentaire sur ses épaules ?

« Je n’ai aucune pression. J’ai beaucoup reçu et j’ai vraiment envie de redonner au basket français. C’est un bon moyen de le faire et de vivre des aventures humaines, quelque chose de fort avec des amis. Un journaliste m’a demandé si ça allait nuire à mon image et me mettre en danger. Je ne réfléchis pas comme ça, je veux surtout vivre de belles choses et je ne vois que le côté positif. »

Sa vision de son projet ASVEL

« J’ai envie de faire avancer les choses mais je réalise aussi qu’on est en France et que les gros projets comme ça avancent doucement. Il faut respecter les gens qui étaient en place et ça prend un peu de temps. Mais j’apprends. J’essaie de bien faire les choses et ça demande une stratégie. La première chose, c’est qu’on ne va pas faire n’importe quoi avec l’argent. Un euro est un euro et ce n’est pas parce que je viens à fond dans le projet qu’on va commencer à dépenser dans tous les sens. Même si on est rempli de bonne volonté, il y a aussi d’autres clubs en France. On va essayer de faire de notre mieux, de créer un beau projet mais il y en a d’autres. On a envie de faire des choses mais il faudra être patient. Mon but est aussi de créer de la stabilité, c’est important pour que les fans se reconnaissent dans leur équipe. »

Pas de chéquier spécial TP pour le recrutement

« J’ai envie d’aller assez vite mais il ne faut pas s’attendre à ce que je fasse des folies sur le recrutement. Je veux créer des bases pour le club, des fonds propres, qu’on ait des actifs. Ce n’est que comme ça que tu peux rivaliser avec les grands clubs. On n’aura jamais des budgets à 25 ou 30 millions en France donc il faut être intelligent dans tes dépenses. Edwin Jackson, je veux bien sûr le garder. Il est sous contrat avec nous pour deux ans et il n’y a pas de raison qu’il parte. Mais je me suis toujours dit que si un joueur voulait partir en NBA, je ne l’en empêcherai pas. S’il a des touches là-bas, même s’il est sous contrat, je ne le retiendrai pas. Après, Jean-Charles Livio (sélectionné par San Antonio à la draft en juin dernier, ndlr), j’en ai parlé avec les Spurs : il sera avec nous l’année prochaine et je compte sur lui pour faire une grande saison à l’ASVEL. »

Les San Antonio Spurs en modèle de gestion

« Je joue aux Spurs où un dollar est un dollar. Ils ont été élus plusieurs fois meilleure franchise des quatre sports majeurs aux Etats-Unis. C’est un très bel exemple et je vais m’inspirer de ça. Ce n’est pas parce que tu vas dépenser beaucoup d’argent, comme les Knicks ou les Lakers en NBA, que ça te garantit un titre. Je veux m’inspirer des Spurs et c’est important que les gens sachent qu’on ne va pas faire n’importe quoi. J’en parlais avec Popovich (son entraîneur aux Spurs, ndlr), il commençait déjà à me donner des conseils. Il était très fier de moi. Depuis deux ans, à San Antonio, je me renseigne sur d’autres choses comme le marketing par exemple. C’est aussi ce qui m’a donné envie d’accélérer le processus : je peux vraiment apporter quelque chose dans tous ces aspects. »

Son futur bras droit, le coach, d'autres actionnaires... quid de l'avenir ?

« Je vais mettre un bras droit, c’est clair. Je n’ai pas encore décidé qui mais j’ai pas mal de touches. J’ai encore deux mois pour me décider et je n’ai pas envie de me précipiter. J’ai envie de voir qui pourra avoir une véritable valeur ajoutée dans ce projet. C’est très important de mettre quelqu’un en qui tu as confiance et qui sera apte à réaliser ta vision pour le club. Je compte encore jouer cinq ou six ans à San Antonio donc ces décisions vont être très importantes, il faut mettre les bonnes personnes en place. J’ai investi beaucoup d’argent et j’ai envie qu’il y ait un esprit de famille avec des gens qui ont les mêmes valeurs que moi. Beaucoup de gens m’ont dit que je devrais prendre un grand coach européen. Mais on est en France et je veux un coach français (Pierre Vincent est l'enraîneur de l'ASVEL, ndlr). Je veux aussi garder mes joueurs français. C’est important de ne pas oublier d’où l’on vient. D’autres futurs actionnaires ? Je ne peux pas encore rentrer dans les détails mais maintenant qu’il y a eu l’annonce, il y a un bel engouement et des gens veulent venir dans l’aventure. »

A lire aussi :

>> Tony Parker : "Je suis le nouveau président de l'ASVEL"

>> TP veut garder Jackson mais...

>> NBA : Parker plane avec San Antonio, Davis croque Miami

Tony Parker