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La « guerre » franco-espagnole est déclarée

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Le choix des Espagnols de laisser filer le match face au Brésil, lundi, pour affronter la France, a vexé les basketteurs tricolores et a ajouté de l’huile sur le feu, avant le quart de finale qui s’annonce explosif ce mercredi (17h15).

Il n’a fallu que cinq minutes à l’Espagne pour se (re)mettre le basket français à dos, lundi. Largement dominateurs face aux Brésiliens, les champions d’Europe ont délibérément laissé filer le match pour s’offrir un quart de finale face à la France et éviter ainsi de tomber dans le tableau des Etats-Unis… qu’ils comptent seulement retrouver en finale. « Je suis contrarié. Si l’Espagne choisit la France, c’est qu’ils ne nous respectent pas. C’est une déclaration de guerre, tonne Jean-Pierre Siutat, président de la Fédération française de basket. Nous, on a joué tous les matches pour les gagner alors qu’on aurait pu en laisser filer certains. On est vraiment dans l’esprit olympique. »

Même s’ils se défendent d’avoir levé le pied, les vice-champions olympiques se sont aussi attirés quelques critiques de le part de leur presse. Cette même presse qui s’était acharnée… sur la France lors du dernier Euro pour ne pas avoir aligné la meilleure équipe possible face à la Roja en match de poule. « Mais ça ne changeait pas notre classement, rappelle Jacques Monclar, membre de la Dream Team RMC. On voulait juste mettre au repos Joakim (Noah) et Tony (Parker), et on s’était fait déchirer par les Espagnols. »

Siutat : « Les joueurs ont les boules »

Alors que quatre paires de double en badminton ont été exclues des JO pour s’être grossièrement laissées battre, la France a-t-elle envisagé un recours face au CIO ? « Ce n’est pas simple de prouver qu’on a triché en basket, rappelle Siutat. C’est peut-être à la FIBA de prendre ses dispositions, ils sont juges. Il y a aussi un après. On est juste derrière l’Espagne. Un jour, on passera devant et ce sera à notre tour d’avoir les faveurs avec une longue période de titres. » Autant dire que Tony Parker and co se verraient bien opérer cette passation de pouvoir dès mercredi (17h15) au cours d’un quart de finale qui s’annonce électrique. « Ça va être tendu, annonce Yannick Souvré, ancienne internationale française. Ils n’iront ni partager une paella, ni du foie gras ! »

Déjà houleuse, la confrontation va monter d’un cran sur le parquet du pavillon du basket. « Les joueurs ont les boules mais ils ne peuvent rien faire. Ils vont prouver sur le terrain, promet Siutat. Ça va être la guerre. » Mais une performance française passera par la capacité des Bleus à garder les nerfs solides. « En 2009, les Espagnols ont cassé la gueule de Tony Parker et en 2011, ils l’ont laissé jouer en isolant ses partenaires et en lui assénant un très vilain geste par Rudi Fernandez, rappelle Jacques Monclar. Je ne suis pas sûr qu’à « la tartine », on soit les meilleurs. On les battra au basket. Il faudra résister aussi à leur formidable potentiel à l’intérieur. » Yannick Souvré abonde : « Les Espagnols sont très provocateurs. Il faudra garder la tête froide pour ne pas montrer qu’on n’est déstabilisés par ce genre de méthodes que je dénigre totalement. »

NC