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Batum : « J'étais vraiment en stress »

Nicolas Batum

Nicolas Batum - -

L’ailier de l’équipe de France et des Blazers de Portland s’est fait une grosse frayeur lundi soir en se blessant à un genou sur le parquet du Jazz d’Utah. Mais à six mois des Jeux Olympiques de Londres, son objectif majeur de l’année, il a été rassuré par le verdict des examens médicaux. Il devrait reprendre le week-end prochain.

Nicolas, comment va votre genou ?

Ça va. C’était plus de peur que de mal. Sur le coup, j’ai eu vraiment mal au genou. Quand on a vu l’image, avec les médecins, tout le monde m’a dit que ça ne paraissait pas très bon. On avait tous un peu peur. On n’était pas optimiste. Les examens nous ont soulagés. Le praticien qui m’a fait l’IRM m’a demandé comment je faisais. Normalement, un truc comme ça, c’est soit les ligaments croisés, soit une micro-fracture. Je m’en sors avec une petite entorse. Je suis très content. Je respire un peu.

Ces quelques heures entre le match à Utah et le verdict de l’IRM ont-elles été dures à vivre ?

Oui, ça a été dur. Quand je suis rentré d’Utah, je n’ai pas dormi de la nuit. J’ai encore regardé les images. Je me suis dit que ma saison avec les Blazers était peut-être finie, que les JO étaient compromis. J’étais vraiment pas bien. Quand je suis arrivé au rendez-vous, j’étais vraiment en stress. Et quand on a eu le verdict, c’était quasiment le plus beau jour de ma vie ! J’ai hurlé intérieurement.

Le coup aurait été dur pour vous et pour l’équipe de France…

Ça aurait été un désastre pour moi. Je n’ai que ça en tête. Je fais mon décompte, je sais combien de temps il reste jusqu’aux JO.

C’est l’objectif de l’année 2012…

Complètement. Avec les Blazers, on essaie de faire un énorme truc. Mais les JO, je n’ai déjà que ça en tête.

« C’est tellement un truc de fous »

La semaine dernière, vous n’avez pas pu trouver un accord avec les Blazers pour prolonger votre contrat et vous serez « free agent » (libre) cet été. Comment l’avez-vous vécu ?

C’est peut-être une bonne chose. Ça me permet d’être encore plus concentré, de montrer ce que je vaux parce que je vais être sur le marché. Je le prends comme ça.

Recherchiez-vous un contrat se rapprochant de celui de l’Italien Danilo Gallinari (10,5 M€ par an) ?

Il y a eu beaucoup de spéculations, d’inventions. Je ne vais pas dire les chiffres. Mais Gallinari a le contrat qu’il mérite, vu la saison qu’il fait. Je ne suis pas fou, je ne vais pas demander ça.

Tony Parker ne se prive pas pour dire qu’il aimerait vous voir à ses côtés aux Spurs…

A chaque fois que je vais à San Antonio, il ne veut pas que je reprenne l’avion derrière. On verra ce qui se passera cet été. On ne peut encore rien dire. La « free agency », c’est tellement un truc de fous. Il a pris des nouvelles après ma blessure. Il a été l’un des premiers. Ça fait plaisir d’avoir un ‘‘grand frère’’ comme ça.

Ferait-il un bon porte-drapeau aux JO ?

Oui. Il a une énorme carrière derrière lui. Il a accompli de bonnes choses pour le sport français. Il a vraiment bien représenté la France à l’étranger. Il a toujours honoré le maillot de l’équipe de France. Il a toujours tout donné. Ce serait légitime qu’il soit porte-drapeau.

Le titre de l'encadré ici

Les mêmes stats en jouant moins |||

Après son passage à Nancy lors du lock-out, qui lui a permis de s’étalonner en Euroligue, Nicolas Batum a retrouvé les Blazers. Mais Nate McMillan, son entraîneur, a réduit son temps de jeu à cause de la forte concurrence à l’aile, notamment celle du All Star Gerald Wallace. « J’ai les mêmes stats que l’année dernière (11,4 points et 4,1 rebonds en moyenne, ndlr) avec dix minutes de moins, explique le Français. C’est rassurant. Avec moins de responsabilités et de temps de jeu, je produis autant. Ça veut dire que j’ai progressé par rapport à l’année dernière. C’est sûr que j’aimerais être plus sur le terrain. C’est en train de changer. Dernièrement, j’avoisine les 30 minutes par match. Et on a quatre ailiers de très haut niveau. Il y a pas mal de densité. » L’ancien Manceau estime avoir franchi « un cap » après son été en Bleu et son automne en Lorraine. « Je suis plus agressif, plus serein, plus lucide » assure-t-il.