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La belle histoire de Jeremy Lin

Jeremy Lin

Jeremy Lin - -

Depuis le début du mois, le basket américain a les yeux rivés sur un seul homme : Jeremy Lin. A 23 ans, le remplaçant des New York Knicks propulsé meneur a su saisir sa chance au point de crever l’écran. Vous avez dit phénomène ?

En l’espace de 12 jours, Jeremy Lin est passé du statut de total inconnu à celui de star planétaire. Mercredi soir sur le parquet de Sacramento, et pour la septième fois d’affilée, le meneur des New York Knicks a emmené son équipe vers la victoire (85-100). Mieux, il a délivré 13 passes décisives et inscrit 10 points.

L’incroyable ascension de cet Américain d’origine taiwanaise a commencé un soir de 4 février au Madison Square Garden. Les Knicks reçoivent les Nets de New Jersey. Jeremy Lin est étincelant. Il inscrit 25 points, meilleur total de l’équipe, et fait gagner son équipe, bien en peine depuis le début de la saison entamée fin décembre. Ses débuts sont phénoménaux. Même les légendes du basket US n’ont pas connu de débuts aussi « supersoniques ». « Faire mieux que Magic Johnson, Larry Bird et Michael Jordan sur ses quatre premiers matches en NBA avec 114 points, c’est vraiment un truc de fou », juge Jacques Monclar, consultant basket pour RMC. C’est dire…

Lors de ses sept premiers matches, Lin a inscrit 24,5 points de moyenne. Son arrivée symbolise surtout la fin d’une série de 11 défaites en 13 matches. « Après trois gros matches face à des équipes moyennes, on se demandait tous s’il était capable de réaliser la même chose face à une grosse équipe, avoue Tony Parker. On a eu la réponse avec son carton face aux Lakers ». Face à la franchise de Los Angeles, la star n’était pas Kobe Bryant, mais bien Jeremy Lin, qui a réalisé une performance incroyable en claquant 38 points, la victoire en prime. Il est né le divin enfant : la naissance du « Yellow Mamba » est officialisée, en référence à Kobe Bryant, surnommé « Black Mamba ». Un sacré honneur.

De l’ombre à la lumière

Pour en arriver là, le « phénomène » n’a pas suivi une trajectoire classique. Ancien membre de l’université d’Harvard, Jeremy Lin n’a pas bénéficié de bourse universitaire, essentielle pour accéder rapidement en NBA. Aucun recruteur ne lui fait donc confiance, mais il parvient tout de même à intégrer les Warriors de Golden State, puis les Rockets de Houston, où il ne joue pas. A la veille de la reprise NBA, son contrat est cassé. La suite de sa carrière paraît mal embarquée. C’est alors qu’il amortit le choc en atterrissant chez les Knicks. A New-York, il squatte le canapé de l’appartement de son frère et n’est que le quatrième joueur à son poste. Les blessures s’empilent. L’entraîneur Mike d'Antoni fait alors appel à son quinzième homme. Il n’aura pas à le regretter.

« A New-York, on ne voit que lui dans les médias, raconte TP. C’est le genre d’histoire que les Américains adorent. » Surtout que Jeremy Lin est le premier américain originaire de Taiwan à évoluer en NBA. De quoi susciter un énorme buzz auprès de la communauté asiatique de New-York. « Ce n’est pas le joueur qui flambe juste sur une période, prévient Parker. Il est amené à s’inscrire dans la durée. » La « LinSanity » (« La folie Lin ») ne fait que commencer…