RMC Sport

Le lock-out pollue l’avenir des Bleus

-

- - -

Tout n’avait pas était prévu par la Fédération Française de Basket (FFBB) dans la gestion du « dossier lock-out ». De mauvaises surprises commencent à arriver au siège de la FFBB. Enquête et état des lieux sur cette grève en NBA qui pourrait vraiment avoir des conséquences sur la composition de l’équipe de France, en lice cet été pour l’Euro.

En plein déjeuner fédéral la semaine dernière en Pologne, Nar Zanolin, le secrétaire général de la FIBA Europe interrompt soudain les deux Jean Pierre : Siutat, le président de la FFBB, et De Vincenzi, son directeur général. « Nous nous voyons le 9 juillet à Munich avec l’assureur, lâche-t-il. Le rendez-vous est à 10 heures. Bon appétit ».
Les sourires sont de rigueur, le discours policé. « J’ai bon espoir d’aligner la meilleur équipe cet été pour l’Euro lituanien », affirme Jean Pierre Siutat. Et De Vincenzi de préciser : « l’idée avec la FIBA Europe est de mutualiser les moyens avec les autres fédérations pour faire baisser la facture. » Un monde idéal, sans problème ni cas particulier. Mais ce dossier, déjà complexe, révèle les turpitudes incessantes d’une affaire en perpétuelle évolution.

Pas assez d’argent

Premier soucis : les joueurs dits sous « exclusion ». Comprenez : des Français de NBA blessés les dernières saisons, un peu plus « à risque » pour les assurances. Donc plus chers. Jean Pierre Siutat le sait, « le contrat d’assurance proposé exclut toutes parties de blessures de certains joueurs. C’est à nous de négocier afin de réinclure ces blessures parfois anciennes ou récurrentes » qui concernent en premier lieu Tony Parker, Joakim Noah et Nicolas Batum. La facture est aujourd’hui plus lourde que prévue, malgré une somme conséquente déjà budgétisée.

Selon nos informations, la fédération est prête à payer jusqu’à 400 000 euros. « Je vais me retourner une nouvelle fois vers l’état (NDLR : un premier rendez-vous avec Chantal Jouanno au printemps s’était avéré infructueux) et nos partenaires privés pour savoir si un coup de pouce peut-être fait », précise Siutat. Nike et Kinder vont être sollicités car la fédération n’a pas les moyens, aujourd’hui, de régler la facture telle qu’elle se présente.

Une assurance décès pour Noah !

Deuxième problème : certains joueurs ou certains agents de joueurs sont plus exigeants que d’autres. Selon nos informations, Joakim Noah est une source d’inquiétude. Son agent souhaite l’assurer au maximum. « All inclusive », dirait un hôtelier. Pire, dans la demande initiale, il souhaiterait voir apparaître dans la prise en charge de Noah… une assurance décès ! « Une incongruité qu’on ne peut garantir » témoigne un cadre fédéral.
Mais le joueur, à des années-lumière de ces considérations, ne semble pas au courant des desideratas de son représentant. Selon une source proche du dossier, Vincent Collet, le sélectionneur, s’est entretenu avec Yannick Noah. Le père du basketteur assurant que Joakim doit et sera cet été avec l’équipe de France.

Troisième conflit : un calendrier resserré

Vincent Collet réunit son équipe à l’INSEP le 13 juillet prochain pour le début de la préparation. Une réunion cruciale a eu lieu hier soir à la fédération pour évaluer et boucler le dossier médical de tous les joueurs. L’assureur s’est engagé à faire un retour précis du coût de l’assurance pour les joueurs français dans les 72 heures.

Chaque jour compte mais tout est aujourd’hui permis : avoir l’équipe de France au complet dès le début de la préparation, ou n’avoir qu’une partie des joueurs assurés dans un premier temps le 13 juillet prochain. L’éventualité de partir en Lituanie sans pouvoir aligner nos 6 joueurs NBA sélectionnés aussi. Avec le risque d’être sportivement (très) affaibli dans cet Euro qualificatif pour les Jeux Olympiques